Editor : Th. TEULE
France
www.electropublication.net
Ce sont les blogs collaboratifs qui vont faire le journalisme du XXIe siècle, « la manière dont les actualités sont produites, distribuées et consommées » p.131. Alors que le journalisme du XXe était à sens unique. Ce journalisme formaté qui induit la passivité chez le lecteur/consommateur et peut apparaître « contre nature » face au phénomène des blogs qui eux, on pour problématique principale le trop plein d’informations et leur qualité.
De l’information vérifiée en amont de sa diffusion à l’information développée, validée à posteriori de manière collaborative, voilà le passage de la presse classique à l’info-blog. « Et on peut admettre finalement que la blogosphère met en jeu une forme de sélection naturelle qui revient souvent à faire émerger les blogs de qualité » p. 138. Les blogs sont devenus des médias nous disent les auteurs.
« En tout état de cause le modèle pyramidal selon lequel l’émetteur disposait du privilège d’arroser plusieurs millions de récepteurs est foncièrement caduc. L’information s’échange et, de plus en plus, se crée de personne à personne » p.143. Le pouvoir de l’information revient donc aux individus, l’utilisateur actif de l’actualité remplace le consommateur, les gens apprennent de plus en plus à utiliser les nouveaux outils d’accès au journalisme Web. Les blogs s’imposent même parfois comme contre-pouvoir des grands médias qu’ils n’hésitent pas à harceler...Certains ont atteint la notoriété d’organes de presse.
Mesures d’audiences du nouveau média
Le principe de popularité, initié par Google via les hyperliens, est généralisé dans la blogosphère : c’est la règle de PARETO, 80/20, qui fait émerger quelques « stars » du blog qui toujours verront leur notoriété croître avec l’arrivée de nouveaux blogueurs (« plus il y a de liens pointant vers un blog, plus d’autres blogs pointeront vers lui » p.158). Cette inégalité sociale fait émerger une « blogeoisie » (A-blogueurs) et ses paradoxes : plus le blog est populaire moins son auteur échange de billets, communique car il n’a pas le temps de répondre à tous !
Il y deux techniques fondamentales dans un blog :
- Le blogroll (liste d’hyperliens que la blogueur met à jour en page d’accueil. C’est grâce aux blogroll que les riches deviennent plus riches)
- Les liens pointant vers un billet donné
P.163 « l’important est que, selon un phénomène spontané qui donne tout son sens à la notion même de réseau, la blogosphère est en train de donner naissance à de nouvelles mesures d’audience ».
Les blogs, nouvelle socialité
Entre l’auteur du blog qui permet les commentaires de ses billets et ses lecteurs il y a une interactivité qui fait la socialité propre au Net. Et par rapport au site Web classique le blog offre une intimité, une proximité qui là aussi le différencie.
Les techniques sociales intrinsèques du blog sont :
- Le blogroll qui identifie le blogueur par ses goûts, amitiés, centres d’intérêt
- Les billets et leurs commentaires qui peuvent rassembler une véritable communauté de lecture/participation
- Le prolongement des rencontres dans le réel, le contact physique.
Mais il existe des dispositifs dédiés à la nouvelle socialité infortmationnelle de la blogosphère : l’outil Blog street, Weblog Bookwatch, all consuming ... « ce sont là des dispositifs automatisés permettant de visualiser l’expression de cette voix collective » propre aux blogs (p.173).
« Si tout cela ne constitue pas encore un tout cohérent - et cela ne sera probablement jamais le cas - les blogs représentent une méthode nouvelle, puissante et démocratique pour faire entendre sa voix, mais aussi pour justifier, organiser et mener à bien des actions connectées, résultant d’une opinion colective. Ce processus permet même d’envisager de donner corps à la notion d’intelligence collective » p.177.
Ici, la notion « d’intelligence » est celle en vigueur dans le monde informatique des réseaux : « c’est la capacité d’un système à s’auto-organiser en une tâche, du coût énergétique le plus faible pour lui, qui facilite son évolution vers ses désirs, pour lui ou pour son groupe (...) Nous cherchons tous un système d’information globale recentré sur nos besoins (...). Une réponse à ce besoin est aujourd’hui possible grâce à l’utilisation de nouveaux standarts technologiques (weblogs, RSS, FOAF ...) qui permettent un retournement vertueux tirant sa puissance de la mise en réseau de ces usages individuels » selon Olivier NEROT (p.177).
1 2 3 4

