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Philippe BRETON    « l’utopie de la communication », La Découverte, 1992

Idéologies du progrès et de l’exclusion du XIXe ont fomenté la barbarie du XXe, par exemple : « en effet, les sociétés libérales du XIX ont poursuivit durement le nomadisme : cela ne concerne pas ici directement les gens du voyage (...) mais plutôt tous ceux qui, cheminots un jour ou l’autre, faisaient traditionnellement du voyage une étape de leur vie. Cette antique dimension de la vie quotidienne a été quasi éradiquée, jusqu'à ce que chacun soit fixé, sous l’œil d’un pouvoir qui supporte finalement peu le mouvement »3.

C’est par opposition, rupture avec cet ancien monde, que la communication, au sortir de 1945, nait comme utopie (classiquement elle propose un monde meilleur ; et son finalisme est la lutte contre l’entropie, la fin !) et se diffuse le long des décennies dans tous les secteurs de la société. Et la fin des grandes idéologies dans les années 80 vont voir l’idée d’une société de la communication définitivement s’imposer, où les hommes tentent de maintenir leur principe d’organisation coûte que coûte et sans médiation du politique : d’abord par la révolution informatique, ensuite par la société de l’information. 


3 Idem, p. 85

L’homme qui en émerge est décorporalisé de son biologisme et son externalisation dans l’échange l’empêche d’avoir des jugements de valeur (donc pas de racisme). Et la communication, nouvelle valeur-étalon de la modernité, se répand par deux modes : les discours et les usages.


Usages

 : « Malgré les détournements dont les techniques peuvent être l’objet, chaque micro-usage d’une machine à communiquer provoque un partage implicite des valeurs dont elle est porteuse »1.


Ainsi McLUHAN qui croyait que chaque grande étape du développement technique de la communication (l’écriture, l’imprimerie, les médias modernes) induisait de profondes transformations sociales et culturelles (déterminisme technique qui voit dans l’ingénieur le seul acteur décisif du changement et la seule histoire possible, celle des objets qu’il met au point). Et c’est la base de l’idéologie de WIENER : les machines à communiquer seront décisionnaires car elles comportent la rationalité nécessaire pour stopper l’entropie. Et pour BATESON, l’idée d’un transfert de compétences des hommes aux machines existe bien avant l’existence des ordinateurs (qui d’ailleurs sont des créations de cette utopie technique car ils ne répondaient pas à l’origine à un besoin du marché !).


Au contraire, BRETON se démarque du déterminisme technique en soutenant la thèse d’une constitution utopique à l’origine de la société de la communication (et non la thèse d’un besoin du marché ou de l’appropriation des techniques par la société) : l’informatisation de la société, la révolution informatique n’a qu’un but, déposséder le politique de ses prérogatives et permettre l’avènement du tout communicationnel qui va diriger, contrôler (cyber) la société. C’est l’émergence du parti informatique, le rôle de la tribu informatique !


Discours

 :

d’abord, il y a influence des concepts de l’information et de la communication (cybernétique) dans le monde des sciences. La théorie de l’information met en forme les rapports de l’homme à l’environnement ; l’analyse systémique s’installe dans les organisations ; la communication devient concept central en Anthropologie (Bateson) et psychologie (Palo Alto) ; la complexité comme horizon en sociologie chez MORIN provient de la Cybernétique.

Ensuite, par la littérature de vulgarisation (chaque décennie voit des ouvrages de cybernétique avoir du succès) ou la science-fiction (ASIMOV et Ph K DICK sont les grands maîtres de fiction mettant la communication au centre du lien social via les NTIC).

Enfin, les gourous de la prospective (TOFFER, MINC, Thiery BRETON...) qui distinguent anciennes technologies, liées à l’industrie et aux processus énergétiques polluants, des NTIC, légères, reproductibles et peu coûteuses, porteuses de nouvelles valeurs, formes de lien social 2.

1 Idem, p. 104

2 BRETON note que le thème de « la société de l’information » a beaucoup moins de succès (en 1992) que dans les années 80 ou qu’il est repris par le marchand.

Constat des années 90 par l’auteur :Aujourd’hui, vivons-nous dans une société de communication ? « Pas au sens de l’utopie de WIENER »1 concède BRETON (***ce qui ruine sa thèse centrale tout de même ! ! ).
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