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Philippe BRETON    « l’utopie de la communication », La Découverte, 1992

Pourtant elle est présente dans les moeurs, discours et représentations (on communique sur l’image, on soigne son image, la politique est communication, il faut communiquer...) : le capitalisme utilise le discours de la communication pour vendre ses produits, l’utopie en moins (en 1992 mais en 2003 ?), la richesse sémantique du mot communication signifie trop de choses (à l’école, au travail...). De même, au vu de son éclatement, la communication « ne peut s’appuyer sur aucun fondement scientifique particulier »2.

Cependant, techniques et valeurs associées ont pénétré dans notre quotidien via le rôle incontournable des médias, la progression de la représentation de soi comme être fonctionnel, la transformation de la nature du lien social.

Les médias

 ont remplit l’espace laissé vide par la chute des valeurs et repères et l’avènement de « l’homme sans intérieur ». A ce titre les médias s’offrent en décodeur des différents univers qui composent le monde (repères pour les adolescents voulant s’émanciper de leurs familles ; boussole pour les individus face aux communautés). De plus, en se faisant le reflet de divers points de vue sur le monde ils contribuent à la crise des « valeurs » (à l’origine de l’utopie cyber !) et perpétuent l’idée de la communication comme valeur dans nos sociétés.

La représentation de soi comme machine communicante

est une preuve de la crise de l’humanisme, « le recul de l’intuition ou du sentiment instinctif comme valeur essentielle pour guider l’action humaine »3 au profit d’un individu appartenant à un système collectif de traitement de l’information, entièrement social, un individu sans inconscient (les machines n’en ont pas !).

Les transformations de l’espace social

 : NTIC, médias, nouvelle représentation de soi ont transformé la société. Par exemple l’espace public qui est modèle par la TV, journaux qui mettent en scène la vie privée des gens (avec les jeux...) ou encore la scène porno où s’y incarne le double effet de la transparence et de la rationalité des comportements. Entre transparence et rationalité il y défasement de la personne : la fin de la rencontre privée ouvre un espace hyper-privé et le développement des NTIC accroît l’espace hyper-public ! L’image de l’espace social est celle d’un espace éclaté, d’une société fragmentée dont le noyau de base, la famille, est dissoute en individualités qui doivent s’inventer des repères (forcément individualisés). Et investit par les NTIC cet espace engage l’individu dans une continuité communicationnelle. Le danger qui guette alors est le tautisme inventé par SFEZ (néologisme entre autisme et tautologie) : l’homme est enfermé dans un labyrinthe de représentation qui ne renvoient qu’à elle-mêmes dans ce monde des NTIC où la confusion entre réel/médiatique règne.


1 Idem, p. 119

2 Idem, p.125

3 Idem, p.128

conclusion

Pour BRETON l’utopie de la communication c’est :


- la confusion qu’elle génère : Sémantiquement, il est difficile d’y distinguer la différence information/savoir, information/connaissance

- l’illusion qu’elle sème (illusion de la toute puissance libératrice de la communication) : elle ne suffit pas pourtant à rendre heureux, son instrumentation n’est pas forcément savoir ; une société sans conflit n’avance pas ; et sans critique non plus

- les dangers d’extrémismes qu’elle révèle : d’abord les médias sont largement tributaires du capital et des politiques ; ensuite la marchandisation de l’information est une hérésie pour les cybernéticiens (d’ou le développement du piratage)


« Qui peut vraiment accorder du crédit à l’idée selon laquelle les NT vont fondamentalement transformer notre vie ? »1... « notre société est ainsi désormais presque complètement privée de représentation de son futur »2 ...  « l’idéal utopique de la communication n’est critiquable qu’en tant qu’on cherche à l’appliquer »3

1 Idem, p.145

2 Ibidem

3 Ibid




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