Manuel CASTELLS « La société en réseau I. L’ère de l’information », Fayard 1998.


Mais pour CASTELLS il y a 3 grandes régions de l’économie globale : l’Amérique de Nord, l’UE et l’Asie-Pacifique (le reste du monde tente de suivre). C’est en fait un phénomène « d’économie globale régionalisée » :


- Economie globale : « les agents éco interviennent dans 1 réseau global d’interaction qui transcende les frontières nationales et géographiques »

- Economie globale régionalisée : « (...)mais cette économie n’est pas politiquement indifférenciée et les gouvernements nationaux influent fortement sur les processus économiques » 3.


Et c’est cela un des traits fondamentaux de la nouvelle économie informationnelle/globale : l’intervention des Etats,  reflets de leurs sociétés, pour impulser le développement économique mondial. p.132 « Ce qui devient essentiel, dans l’économie informationnelle, c’est l’interaction complexe entre les institutions politiques aux racines historiques et des agents économiques de plus en plus globalisés ».

3 p.131


De plus cette économie globale n’est pas à proprement parler « planétaire », uniforme. Elle touche seulement des pans de l’activité économique, des hommes et des sociétés. L’économie informationnelle ne concerne en fait que peu de choses, sa compétitivité est le produit de la dynamique de la concurrence entre agents économiques et entre sites géographiques.

Les facteurs de concurrence :

  1. La capacité technologique (capacité du système science-technologie-industrie-société)

  2. L’accès à un vaste marché intégré et riche

  3. L’écart entre coûts de production sur le lieu de production et prix sur le marché de destination

  4. La capacité politique des institutions nationales et supranationales à orienter la stratégie de croissance des pays ou régions qu’ils administrent


C’est ce qui donne la géométrie extraordinairement variable de l’économie globale : une nouvelle division internationale du travail !


Caractéristiques de cette nouvelle division internationale du travail :

  • L’essentiel du commerce international s’effectue entre l’Europe, les E.U et l’Asie-pacifique
  • L’économie globale est asymétrique (différents centres et périphéries)
  • « Croissance économique, capacité technologique et conditions sociales se diversifient de plus en plus entre les régions du monde, entre les pays, à l’intérieur des pays, voire des provinces »p.143
  • Le tiers-monde stagne (dettes très importantes, baisse des exportations de produits de base, dépendance économique)
  • Une dynamique de l’exclusion : « dans l’entreprise, la logique de la nouvelle économie globale marginalise la majorité de la population africaine dans l’actuelle division du travail. La plupart des produits de base sont désormais inutiles ou sous-payés, les marchés trop étroits, l’investissement trop risqué, la main-d’œuvre insuffisamment qualifiée, l’infrastructure des communications et des télécoms manifestement inadéquate, la politique trop aléatoire et les bureaucraties gouvernementales trop inefficaces et corrompues »p.167
La dernière frontière de l’économie globale semble être l’intégration segmentée de la Russie et des républiques ex-soviétiques.




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