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Hervé FISCHER « Cyberprométhée. L’instinct de puissance à l’âge numérique ». VLB éditeur, 2003


Les outils « magiques


- Les interfaces

Ils sont dans la continuité des rituels et outils magiques, en particulier dans la chaîne des outils non analogiques qui permettent une action indirecte et à distance (ex : la plume, le bouton, le clavier, la souris, le mot...)

- de la clé au clic

Les interfaces ouvrent sur un espace autre dont l’accès est autorisé ou pas. Et les technologies intelligentes multiplient les innovations pour notre confort (et notre puissance : de la commande vocale de ordinateurs à la maison intelligente). Et les objets du quotidien deviennent des objets audacieux, des « objets plus », tellement intégrés que l’on n’en voit plus la mécanique, seule une énergie invisible entre l’électricité et le lien satellitaire.


p.106 « Il est permis d’affirmer que la technologie numérique contemporaine est un véritable substitut de la technique magique primitive, en ce sens qu’elle prétend à peu près aux mêmes résultats - qui répondent aux désirs permanents de puissance humaine, et semble...aussi efficace dans beaucoup de cas ! ».

Nous vivons dans une société-écran suite paroxystique de la société du spectacle, où l’image est glorifiée :

- Il y a effondrement de l’idée de réalité au profit de son image

- Il y a même contamination du réel par les écrans et les nouvelles images générées

- Une véritable inversion ontologique : « le numérique renforce encore cette inversion du simulacre plus réel que sa source référentielle » p.115


C’est dans ce contexte de valorisation du simulacre, de l’illusion et de perte ontologique du réel authentique ou « naturel » que Cyberprométhée à toute liberté de manœuvre. A ce point que les images numériques ne sont plus une copie du réel mais créent le réel via leurs supports privilégiés que sont les écrans. En conséquence : le principe de réalité Freudien est une illusion conceptuelle car la réalité est augmentée de mes désirs et peurs... La théorie Situationniste de DEBORD ne tient plus car dans un monde intersubjectif et complexe, parsemé d’arbitraire et d’artifices, le référent réel et vivant que réclame Debord pour condamner le spectacle vivant ne suffit pas. Donc, les technologies numériques, augmentent la réalité de l’hyperréalité. L’écran est création, vitalisme, écran-onirique.

Ce mariage science/informatique est très réussi quand il s’agit de biotique (concept inventé en 1981 par Joel De ROSNAY auteur de l'homme symbiotique ) : « la simulation comparée à l’observation permettra, au besoin par tâtonnements, mais à la vitesse de l’informatique, d’explorer tous les scénarios possibles, jusqu'à faire très exactement coïncider la cellule virtuelle et la cellule vivante (...) Grâce aux technologies d’imagerie numérique, au scanner, à la résonance nucléaire, aux ultrasons et aux nanotechnologies, nous pouvons désormais regarder à travers la peau, tel un magicien ou un voyant et entrer dans le corps humain comme dans un espace en 3D, y voyager et y agir, y faire des réparations, modifier des circuits... » p. 181.

Le cybermonde


Les réseaux électroniques sur toute la planète, comme Internet, sont devenus plus que des liens téléphoniques ou radio, en terme de sociologie , « ils sont hypostasiés comme de véritables et puissants acteurs, qui interviennent, trient de l’information, y ajoutent de la valeur, réorientent les messages et finalement agissent sur le monde, comme Hermès, le porteur de bonnes ou mauvaises nouvelles. Nous leur attribuons des vertus mystérieuses et cela d’autant plus que nous les dotons d’une certaine vie en les qualifiant de réseaux neuronnaux » p. 248.

Des sociologues comme Pierre LEVY, Derrick de KERKHOVE ("L'intelligence des reseaux"), TOFFLER, MC LUHAN évoquent ces réseaux, auxquels préside un mythe de l’unité : unité du monde, unité des esprits et des buts. C’est le mythe actuel de la convergence multimédia.

- L’idée de l’unité de cerveaux à commencé chez PASCAL, FONTENELLE, NIETZSCHE (et l’être universel auquel participerait l’individu) ROSNAY (cerveau planétaire ou global).

- Le concept des « mêmes » : « noyau d’idées extrêmement rapides et auto-répliquants qui évoluent à travers l’histoire et dont nous devenons les passeurs, ces idées qui vont d’esprit en esprit (Cf. Howard BLOOM « global brain » 2000 ...) ».

- Nombreux sont ceux, dans les laboratoires, qui voient le passage de l’homme biologique à l’homme numérique avec ses prothèses, un cyborg.

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