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Hervé FISCHER « Cyberprométhée. L’instinct de puissance à l’âge numérique ». VLB éditeur, 2003

FISCHER pourtant se démarque en particulier de ces analystes de l’intelligence collective via les réseaux électroniques, pour lui ce n’est pas la rationalité qui donne le désir du cybermonde mais bien la volonté de puissance de l’homme : « L’intelligence, cet attribut numérique que l’on honore d’un culte, annonciateur du grand achèvement de notre histoire, et que l’on applique désormais de plus en plus aux objets de notre environnement sous la forme de l’informatique omniprésente (...) évoque beaucoup plus notre instinct de puissance et un retour en force de la pensée magique, que cette volonté de lucidité, cette intelligence rationnelle critique, austère et exigeante qui est au cœur de l’humanisme qui nous a libérés précisément de la pensée magique et primitive » p. 236


Ainsi BLOOME voit les « mêmes » comme les organisateurs de nos regroupements sociaux, qui étirent leurs villes dans le tissu de chaque cerveau humain. Des idées qui agissent par contamination et qui donc peuvent profiter des vecteurs de propagation que sont les réseaux électroniques. Des réseaux aux capacités d’auto-organisation et d’organisation de l’extérieur.


Pierre LEVY et la cyberdemocratie

Mais cette idée d’une organisation collective en réseau est trop mythifiée aujourd’hui selon FISCHER par des gens comme Pierre LEVY qui adoptent la Noosphère de CHARDIN dans une nouvelle cosmogonie néée du numérique (voir son ouvrage cyberdemocratie Odile Jacob,2003 ).


Pour Pierre LEVY, dans l’idée actuelle d’intelligence collective il y a convergence :

- De la religion de l’humanité de A. COMTE

- Des réseaux humaines du St Simonisme industriel du XIX

- De l’utopie moderne de CHARDIN qui annonçait le cheminement de l’humanité vers son aboutissement (le point Oméga).

Et LEVY de voir un projet de civilisation car le collectif amène à plus de conscience, le moteur de ce projet étant l’exaltation réciproque à conduire le sens de l’humanité ! FISCHER relativise ces propos en dénonçant le choix entre cyberpolis et big Brother qui attend l’autogestion collective. L’e-gouvernance est encore à tester, en plus à l’échelle planétaire. De même l’intelligence peut être collective mais aussi collectivisation de la bêtise...

En fait le cyberespace sert l’utopie communicationnelle ambiante « d’un espace-temps immédiat, quasi uniformisé et transparent, où l’argent et les octets circulent constamment et abondamment, à très grande vitesse grâce à des réseaux à large bande » p. 262.


Le Net économie

p.271 «  Cette économie électronique débridée, porteuse de tant d’espoirs et de succès inédits, cette i-conomie a cultivé le champ de l’imaginaire, à un moment particulier de notre histoire humaine, alors que triomphaient le retour de la pensée magique, qui s’est conjuguée avec les représentations irrationnelles du nouveau millénaire telles que l’intelligence artificielle surhumaine, le progrès illimité de la techno-science, la communication prodigieuse de l’Internet, l’hyperlibéralisme et la mondialisation porteuse, nous dit-on, de progrès universels. La convergence de l’imaginaire dans ces domaines clés à renforcé prodigieusement l’impact de l’i-conomie » p. 272

La croyance et les comportements irrationnels concernant la Bourse et les marchés financiers, la croyance en la Net-économie, provient de la certitude que la richesse viendra des idées et des nouvelles technologies pour l’avenir. Les américains ont très tôt compris cela. De manière pragmatique la croissance des années 90 est issue d’une collaboration simple : l’administration fédérale investit des milliards de dollars dans la R&D militaire, pour des résultats qui seront investis soit dans le militaire soit dans le civil. Et le commerce électronique va concrétiser l’impérialisme américain dans l’alliance entre industrie de la consommation et industrie des loisirs, qui donnera l’e-capitalisme d’un simple clic. La encore la volonté de puissance est présente dans cette manifestation de l’hyperlibéralisme.


L’espace virtuel comme jeu

La navigation sur le Web et l’univers ludique font autant s’exprimer la volonté de puissance, car c’est un infantilisme : « et cet infantilisme, comme l’essor même de l’économie du divertissement, au détriment des valeurs fondées sur un sens moral et un but réaliste, nous apparaissent comme l’expression même du fantasme de pouvoir de l’enfant au stade du carré parental.Prométhée est bien, avec Eros et Thanatos, le troisième instinct que développe l’enfant dans la scène familiale ». P. 307. Pour FISCHER, l’instinct de puissance est une constante de la psyché humaine et il est décuplé aujourd’hui par les promesses de la technoscience.


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