Des téléphones fixes au portable, un quart de siècle de relations interpersonnelles médiatisée en France

By | 1 mars 2007

Article de Laurence BARDIN «  des téléphones fixes au portable, un quart de siècle de relations interpersonnelles médiatisée en France » – Fiche de lecture

Quelques raisons du développement du téléphone face au courrier en France :

« - la modification de la stratification socio-éco et socioculturelle avec extension des employés et diminution des ouvriers

- l’urbanisation du territoire au détriment des campagnes, facteur de demande d’échanges médiatisés.

- l’accroissement de la mobilité des familles, source de délocalisation et donc de désir de maintenance des liens

- l’indépendance accrue des jeunes prets à consommer des biens culturels

- la généralisation des ouvertures sur le monde et certaines formes de sociabilité engendrées par les fenêtres TV ou automobiles… »1.

Ces usages sociaux du telephone portable sont évolutifs.

Le portable permet

- la maîtrise du temps personnel dans une société de plus en plus fragmentée.

- répondre à l’urgence (comme le fixe)

- motif de sécurité (idem)

- la possibilité d’une prise de risque accrue

- d’être joignable en permanence (comme le répondeur)

- est un levier de consommation ostentatoire avec vocation de distinction sociale (ce qui n’est pas spécifique à la communication interpersonnelle)

- le contrôle accru du temps et de l’espace (n’est pas spécifique)

- la nécessité impérative de resynchronisation et de relocalisation, au moins virtuelle, d’une vie quotidienne où temps et espace sont de plus en plus éclatés.

Ainsi le portable serait un vecteur relevant en partie d’une logique culturelle issue de la sphère professionnelle : « nécessité d’être rapide, fonctionnel, bref, d’avoir accès à des réseaux d’interlocuteurs nombreux, cloisonnés et variés »2. Il reprend une ambivalence fondamentale de la fonction communication selon Philippe Breton  : être disponible ou pas, tactique d’adhésion/retrait, (via la possibilité d’activation ou de mise en veille du téléphone, via la dérivation des appel sur messagerie, via les petits textos).

En résumé, le téléphone est :

- un processus de diffusion dans la société

- une alternative au courrier et au face-à-face

- des représentations sociales

- des mécanismes de compétence interlocutoire

- des normes et tactiques d’usages

- une différenciation des genres masc/fémin

- des usages privés sur le lieu de travail

- des possibilités de visite à distance

- un réseau de sociabilité

- des appareils (répondeurs, portable)

source de l’article :  pp.97-122 Cahiers Internationaux de sociologie, « Communications et liens sociaux », Volume CXII,  2002