Editor : Th. TEULE
France
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- Pour HABERMAS, il faut considérer l’existence d’espaces publics propres aux classes populaires ou penser à l’existence d’espaces publics partiels et pluriels (CF ELIAS).
Or aujourd’hui on constate une pluralité d’espaces de prise de parole, hors des formes canoniques des débats (ex : les pages Débats du Monde ou Rebond de Libé) ou les formes instituées des « mouvements sociaux », qui peuvent alimenter l’espace public central.
Or la socialisation se manifeste jusque dans les écoles, les entreprises...
- « Considérer l’apport d’HABERMAS comme valant mieux que des dévotions rituelles suppose aussi de chercher à actualiser son travail, centré sur les transformations structurelles de l’espace public. Pas plus que l’espace public des années 50 ne s’organise encore autour des loges maçonniques, salons et cafés, celui des années 90 ne passe par les mêmes institutions et répertoires d’action symbolique ».
Ainsi certaines oppositions sont-elles devenus caduques :
- vrais débats sociaux (débats parlementaires, programmes électoraux, presse) contre les produits de fictions et divertissement
- la fin des grandes idéologies face aux nouvelles formes culturelles de consommation, de communication
Exemples de transformations structurelles de l’espace public :
- La sociologie des « communicateurs » (Dircom, animateurs, publicitaires, conseillers en com, journalistes) permet de rendre compte du cursus, des interdépendances entre les métiers les plus liés au fonctionnement de l’espace public, permet de mieux saisir les conditions sociales de production des biens culturels et de débats : « elle évite le travers journalistique qui consiste à penser comme un projet maîtrisé, parfois cynique, ce qui n’est que l’effet émergent d’interactions entre multiples protagonistes ».
- L’essor de la « politique spectacle » est une autre illustration de la mise en scène de l’irruption des politiques à la TV à domicile : le débat public s’en trouve modifié par cette proximité du politique via la publicité, le commerce.
Article de Pierre CHAMBAT, L’espace public
1) Les différentes conceptions de l’espace public
Pour l’école de Chicago, l’espace public désigne « un milieu de simple observabilité réciproque. Il est un lieu où des signes et indices sont mis à disposition de ses occupants pour déchiffrer leurs états internes et faire leurs attributions réciproques ».
Pour Louis QUERE, il désigne « la constitution d’une intersubjectivité pratique, de la reconnaissance réciproque comme sujets, de la liaison des personnes et de l’enchaînement de leurs actions dans la coopération sociale ». Il y a alors communication et socialisation. L’intention est à l’origine (et non la manifestation extérieure d’une pensée).
Pour WOLTON et les politiques, il désigne « l’ensemble des scènes, plus ou moins institutionnalisées, où sont exposées, justifiées et décidées un ensemble d’action concertées et orientées politiquement. Tournée vers la participation à la délibération collective, l’action en commun y est régie par les modalités de l’agencement entre espace social et espace politique et donc par les formes de la communication politique ».
Pour Luc FERRY, il y a distinction entre l’espace public grec antique et l’espace public bourgeois des Lumières.
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