-Denis
ETTIGHOFFER, Pierre Van BENEDEN, " Méta-organisations ", Editions Village Mondial,
Paris 2000.
-Yves LASFARGUE, " Techno mordus, techno exclus ? Vivre et travailler à l'âge numérique ", Editions d'Organisation, Paris, 2000.
-W. DAVIDOW, M. MALONE, " L'entreprise à l'âge du virtuel " Maxima, Paris, 1995
Synthèse
Pour DAVIDOW/MALONE c'est la faiblesse de la culture libérale-capitalistique d'un pays qui pourra expliquer son retard dans le développement de l'économie virtuelle et ses principes (adaptation permanente aux marchés, production sur mesure, économie de la confiance, juste-à-temps...). Ainsi le changement opérera dans les pays ayant une culture d'entreprise populaire où les travailleurs sont prêts à s'investir dans l'outil de travail alors qu'il y aura résistance là où l'économie est administrée et le salariat prolétarisé (car avec l'automatisation accélérée par les réseaux électroniques, grande est la crainte de voir le maillon "maladroit" des activités supprimé). Les auteurs s'accordent pour considérer que c'est l'engagement volontaire des salariés qui ancrera l'économie virtuelle : là où seront reconnues les compétences des salariés en contact avec l'informatique et les reseaux électroniques, là où l'information n'est plus hiérarchisée, "il n'est plus nécessaire de lui dire quoi que ce soit, il le sait (...) statut, titre et autorité sont devenus autant d'outils inadéquats". Pour eux, il faut dépasser le Taylorisme pour responsabiliser la main-d'oeuvre : " les types de production minimaliste révélés par la révolution virtuelle feront appel à des employés particulièrement compétents dans leurs domaines de production". L'initiative et l'inventivité des travailleurs doit être encouragée par la création de lieux et structures d'expressions (Work out, audit staff, cercle de reflexions divers...jusqu'aux forums de discussion sur les réseaux).
Ensuite, les fondements du changement sont aussi d'ordre technique : l'entreprise virtuelle est " un réseau d'information et de relation parallèle où, clients et fournisseurs, équipe de distribution et de fabrication coexistent pour créer les produits virtuels susceptibles de s'adapter en temps réel aux besoins changeants de l'utilisateur". Car l'enjeu de l'économie des réseaux électroniques est sa productivité, la capacité de gérer le temps : le contrôle et la gestion du temps par les nouvelles technologies, doit en effet permettre aux entreprises virtuelles de fabriquer rapidement les produits, de comprendre les goûts évolutifs des clients et traiter avec eux dans une relation de "juste à temps" - "méthode de production minimaliste développée par Taiichi Ohno pour Toyota, mettant conjointement en oeuvre les principes de production de masse et de réponse rapide au marché" -. C'est l'avênement généralisé d'un travail sur mesure où "l'entreprise virtuelle est seule à rassembler les critères de rapidité et de flexibilité permettant de répondre à l'environnement caractérisé par la production de masse quasiment sur mesure", en qualité tendue ("combinaison des méthodes de qualité totale - bien faire du premier coup - de la quasi obligation d'obtenir la certification ISO 9000 - nécessité de comprendre les procédures et savoir les appliquer en souplesse - et de l'organisation en flux tendus - disparition des stocks de sécurité-").
Et commercialement, au vu de l'obsolescence rapide des connaissances et du caractère
plus éphémère de l'axe production/consommation sur des marchés étroits et mondiaux, les entreprises fonctionneront sur le rythme du "marketing minute", entrant dans l'hyperproductivité par des solutions hautement performantes.
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NB : On peut remarquer que cette vison de la performance via les technologies de communication collective rejoint parfaitement les thèses maintenant consacrées des tenants de la communication-système. Le fondement théorique de cette pensée systémique est de placer le phénomène communicationnel au centre des activités humaines et son horizon est bien souvent celui de l'évolutionnisme (néo-Darwinisme appliqué) dont la métaphore cognitive sera celle desorganismes vivants et leur dynamique du changement (face au danger entropique) : ainsi, dans la perspective des réseaux électroniques étudiés ici, l'entreprise est considérée par les théoriciens comme une organisation qui doit perpétuellement évoluer pour survivre, en générant de l'innovation, laquelle passe par la bonne circulation de l'information entre ses composantes et l'environnement. D'où l'axiome : "nous défendons l'idée que plus un système tend à être ordonné, plus il tend vers sa mort et que la désorganisation qui crée la diversité, devient un avantage dans la compétition entre les espèces".
Ainsi les"perturbateurs", au bon sens du terme, dans les organisations entrepreneuriales, seront "les hommes, le personnel que l'on écoutera pour ses capacités innovantes exeptionnelles et sous-estimées" (DAVIDOW). Pour tout cela il faut utiliser au mieux les systèmes informatiques interconnectés qui réduisent alors de façon conséquente la dépense globale d'énergie de "l'organisation". Le destin de l'entreprise virtuelle dont il sera question ici est donc clairement communicationnel .
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