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Editor : Th. TEULE

France

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Hervé Denis ETTIGHOFFER, Pierre Van BENEDEN, " Méta-organisations ", Editions Village Mondial, Paris 2000. -Yves LASFARGUE, " Techno mordus, techno exclus ? Vivre et travailler à l'âge numérique ", Editions d'Organisation, Paris, 2000.-W. DAVIDOW, M. MALONE, " L'entreprise à l'âge du virtuel " Maxima, Paris, 1995

Depuis les années 90 on est passé de la philosophie de "on ne sait jamais" où une entreprise produisait en grande quantité et faible coût des produits de faible qualité et disposait de stocks importants pour faire face à la demande en hausse ou à la défection des fournisseurs, à une production à la demande, sans stock ou le consommateur est commanditaire du produit et exige une qualité. Les concepts de cette nouvelle répartition du marché sont :

- le minimalisme : élimination de toute forme de gaspillage dans le processus de production

- le juste-à-temps : production sans stock, "fabriquer et livrer les produist finis juste à temps pour être vendus, les blocs assemblés juste à temps pour être montés, les pièces

indépendantes juste à temps pour être pré-assemblées et les matériaux nécessaires pour être transportés juste à temps en pièces indépendantes"(13)

- la qualité totale : un produit sera parfait s'il correspond aux spécificités de départ. Stratégie de prévention des défauts par tout le personnel de l'entreprise.

- le Kaizen : philosophie des affaires, culture d'entreprise japonaise qui marque l'effort constant de tous dans l'entreprise pour perfectionner le système de production. La production est remodelée "sous la forme d'un mécanisme évolutif axé sur l'amélioration continue et progressive des produits, de leur qualité et de leur cyvle de vie" (contrairement aux entreprisesoccidentales qui réagissent en terme d'innovation et de

résultats : dans les entreprises de culture Kaizen les employés jouent le rôle de super consultants) (14).

- les outils informatisés de production : les SPF en particuliers ( " systèmes de fabrication contrôlés par ordinateur mettant en oeuvre des appareils semi-indépendants à commande numérique, reliés les uns aux autres par réseau de gestion des pièces et matériaux "(15)), correctement mis en place ils se marrient fort bien avec les autres éléments de l'entreprise virtuelle (Kaizen, qualitétotale...). Le PIO est l'étape supérieure au SPF, mais ces systèmes sont souvent des échecs pour les entreprises par manques d'organisation adaptée.

- la délocalisation : la technologie offre pourtant une flexibilité sans précédent en ce qui concerne l'implantation géographique des centres de production grâce à l'ubiquité des

réseaux mondiaux de production.


Chapitre 2 : la démarche de l’économie numérique


" L’économie se développe désormais selon deux modèles qui cohabitent dans deux mondes qui ont leur logique propre(...). Les activités se distribuent entre un monde physique, tangible, de produits, et un monde de services immatériels. Beaucoup d’entreprises interviennent simultanément dans les deux types d’économie "(16). Si dans l’une la valeur est incarnée par l’objet, dans la deuxième c’est l’information qui apporte une valeur supplémentaire au prix que le consommateur accepte de payer. Cette information permet de personnaliser le service et donc de fidéliser le client.C’est ce manque d’information à disposition du client qui perd nombre d’entreprises et profite aux plus petites, satisfaisant des besoins sur des créneaux, ou à la sous-traitance voire à un tissu de collaborationshorizontales. L’externalisation est d’ailleurs la solution de toute entreprise innovante puisqu’il y a partage des coûts (M.O et distribution) et flexibilité de l’offre. Réseaux de co-traitants, meta-organisation se constituent ainsi sur de nouveaux produits. Le schéma d’évolution est donc simple : transformation des coeurs de métiers, puis nouvelle organisation dans l’entreprise, enfin, coopération entre organisations sur des projets (meta-organisations). " Le développement des externalités, facilité par celui des réseaux de telecoms, sera le résultat de plusieurs raisonnements " (17):

- dégager de la VA en mettant des savoirs-faire en commun (loi des rendements croissants)

- utiliser le principe de subsidiarité (acheter ailleurs ce qui se fait mieux et moins cher que dans sa propre entreprise)

- Externaliser pour mutualiser les coûts et favoriser les économies d’échelle

- Passer d’une logique de frais fixes à celle des frais variables (on achète en flux tendus, selon les besoins, y compris les compétences)

- Développer les partenariats pour passer d’une logique de coût à une logique de profit en modifiant l’assiette économique de son métier "(18).


Un autre aspect qui rend nécessaire la virtualisation de l’entreprise (recours à l’externalisation et sous-traitance) est le coût des nécessaires restructuration que lui réclame son avancée vers le modernisme : le " stop and go " des ateliers de production pour produire du " sur-mesure " coûte très cher ! D’ou le recours au principe de subsidiarité, " il devient plus avantageux de changer de fournisseur que de changer son organisation "(19), et la tendance à la démassification des services (downsizing) dans les grandes entreprises. Aujourd’hui les nouvelles technologies de l’information et de la communication jouent un rôle dans la refondation du modèle économique et organisationnel de l’entreprise. 


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