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Editor : Th. TEULE

France

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Hervé Denis ETTIGHOFFER, Pierre Van BENEDEN, " Méta-organisations ", Editions Village Mondial, Paris 2000. -Yves LASFARGUE, " Techno mordus, techno exclus ? Vivre et travailler à l'âge numérique ", Editions d'Organisation, Paris, 2000.-W. DAVIDOW, M. MALONE, " L'entreprise à l'âge du virtuel " Maxima, Paris, 1995

Aujourd'hui tout s'accélère et la période moyenne entre 2projets de réorganisation est souvent de 3 à 4 ans seulement "(5). Au niveau de la production (6), l'information et son traitement électronique fait émerger de nouvelles pratiques (downsizing, travail en équipe, groupware) et impulse un recours à l'externalisation (outsourcing et sous-traitance).C'est ce dernier phénomène que ETTIGOFFHER définit comme présidant à la constitution de "méta-organisations" au niveau mondial : " le re-engeniering n'est qu'un épiphénomène là où l'on voit des entreprises qui s'allient et se combinent ensemble pour former des méta-organisations "(7). Ici agit le principe fondamental de subsidiarité où les taches sont distribuées de manière intelligente dans les réseaux car c'est bien la masse, la fusion d'entreprises qui est un handicap dans un contexte mondial fluctuant, rapide, hyperproductif et concurentiel. Ce modèle de la meta-organisation est on ne peut plus innovant, on le retrouve dans les "communautés virtuelles professionnelles" : " nous sommes dans une logique de réseaux où les ressources matérielles et les savoirs sont mutualisés entre les partenaires dans le cadre d'une stratégie gagnant-gagnant avec le client "(8). Le Net devient un grand forum d'affaires où se font et défont des alliances stratégiques entre spécialistes pour créer plus de valeur. Les entreprises virtuelles "ont pour caractéristique d'avoir limité leur périmètre d'activité en travaillant sur des clientèles très ciblées, d'exercer un fort contrôle stratégique et d'innover dans la création de la valeur en imaginant des modèles économiques originaux "(9). 

Il y a trois types d'entreprises virtuelles :

- les communautés virtuelles professionnelles, qui sont fortement intégrées dans la Netéconomie ou cyberéconomie, pour lesquelles les liens seront surtout opportunistes, la coopération étant versatile voire éphémère. Sans être systématique, c'est une logique du "coup. elles utilisent essentiellement Internet pour leurs affaires.

- La méta-entreprise, qui fédère selon une logique de valeur ajoutée conjuguée dédiée aux échanges de savoir ou à la mutualisation des ressources entre partenaires dans une

logique combinatoire "gagnant-gagnant". Les relations seront plus structurées et plus organisées pour durer. Si ces entreprises utilisent Internet, les partenaires utilisent des

réseaux à valeur ajoutée de type intranet/extranet pour constituer des inter-communautés" professionnelles en étant plus ou moins fortement intégrées.

- Les méta-réseaux, de type systémiques qui se développeront dans une logique de domination où un leader cherche à s'imposer auprès d'un groupe d'entreprises en utilisant un système d'information fortement intégrateur. L'organisation en méta-réseau dédiée à la rétraction des coûts par une automatisation maximum des traitements et de l'autopilotage de l'ensemble. comme dans la meta-entreprise, on recherche la meilleure efficacité systémique, la productivité des interfaces, mais la recherche d'intégration y est plus forte que la recherche dynamique de combinaisons gagnantes. Le méta-réseau utilisera plutôt des réseaux provés virtuels (RPV ou BBS), parfois propriétaires, dédiés à leurs corps de métiers.

b) Produits et services virtuels

D'où, dans un contexte d'hyperconcurence, de copiage de produits, de chute des prix et des marges, la nécessité de fidéliser le consommateur en l'incluant dans la production : "la caractéristique d'un produit ou d'un service virtuel est de pouvoir être réalisé et adapté instantanément à la demande du consommateur "(10) réputé changeant. c'est ainsi qu'une entreprise virtuelle devient " un réseau d'information et de relation parallèle où clients et fournisseurs, équipes de distribution et de fabrication coexistent pour créer des produits virtuels "(11). La maîtrise de l'information est bien le pivot de la réussite de l'entreprise du XXIe siècle car du point de vue de la consommation " la valeur des produits que nous achetons dépend toujours plus de leur sophistiquation et du système d'information qu'ils mettent à profit, au détriment des matériaux et des quantités de ressources énergétiques nécessaires "(12). Le paradoxe (et la nouveauté) est que le consommateur peut lui-même devenir entrepreneur avec Internet : " un réservoir nouveau de création de richesses vient de se créer (...) ce sont les familles entrepreneuriales et les multinationales individuelles "(13). Interactivité, orientation-client, sur-mesure sont lesclés de l'entrepreneuriat sur le Net à portée de tous puisque les réseaux mondiaux permettent d'être présent sur des niches et de produire/distribuer à coûts variables via des associations intenses (1 américain sur 4 a monté son activité sur le Net en 1997). C'est l'exemple type de la démocratisation de l'électronique de l'information associé aux nouveaux modes d'organisation de la production : " en à peine 2 décennies les circuits intégrés ont quitté les mains d'équipes de spécialistes travaillant des mois entiers sur des projets nécessitant des laboratoires de production d'un coût de 100 millions de dollars pour devenir un produit virtuel que l'on peut mettre au point en moins d'une journée. Ils sont construits en quelques minutes par un ingénieur, équipés d'une mini-usine d'un prix inférieur à 10000 dollars et installés sur son bureau " (14). Ces produits et services sont souvent systémiques c'est à dire issus de la collaboration de diverses entreprises en réseaux selon une dorsale informatique plus ou moins commune.


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