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Brigitte JUANALS « la culture de l’information. Du livre au numérique ». Lavoisier, 2003 

En conséquence, des encyclopédies aux supports numériques, les outils de classification, d’accès à l’information ont évolué et muté, les accès linéaires ou transversaux appartiennent aussi bien à l’univers du livre qu’aux réseaux électroniques.


- L’espace virtuel


Avec Internet on a accès à l’information en cliquant sur des hypertextes qui nous connectent directement, sans déplacement de corps, sur la source d’information. « C’est ce qui fait la différence avec des expériences de lecture de livres ou de disques numériques, pour lesquels le lecteur et les supports de stockage et de lecture doivent se trouver simultanément dans le même lieu (...) Ainsi, sous sa forme numérisée, le texte perd d’une certaine manière matérialité et localisation » p.93.

C’est le cyberespace comme lien immédiat.


Ainsi la notion de temps est revisitée par Internet : avec le livre ou le CR-rom le temps de production des connaissances est régit par le logique de stock ; à l’inverse, les techniques de communication ont modifié notre appréhension du temps en instaurant, selon Paul VIRILIO une forme de « temps perpétuel » (c’est la fin de la représentation de la successivité des faits grâce aux hypermédias, à la logique des flux d’Internet).


Et la notion d’espace : avec l’expérience de navigation sur le web on ressent une perte des repères géographiques, l’impression que les informations sont disponibles dans un espace flou, immatériel : l’instantanéité de l’interactivité pour le recueil d’information, l’espace virtuel comme « non-lieux » (« surabondance spatiale du présent »), les graphismes, interfaces créées pour aider à la navigation et qui dépayse l’internaute.

Une véritable expérience « d’ubiquité » : « cette rapidité d’accès dans le temps et l’espace, renforcée par la mise en scène des espaces virtuels, contribue en effet à estomper la réalité de la carte et des territoires » p.97.


  1. Il y a aussi la problématique de la tentation du refuge dans les espaces virtuels, celle d’une désocialisation. Pourtant Serge TISSERON (1995) a étudié la manière dont les enfants engagés dans des jeux avec des images au moyen d’un magnétoscope, construisent un imaginaire tout en restant lucides quant à sa non-existence dans la réalité.

  2. 101 avec la naissance de l’espace virtuel des réseaux Internet « l’espace est devenu sémantiquement structurant autant au niveau de l’organisation globale des données sur le réseau qu’à celui d’un site et d’une page » .


De la page écrite à l’écran d’ordinateur


L’agencement spatial/graphique de l’information est marqué d’une évolution, « l’écriture a acquis au cours des siècles une dimension spatiale dans la page du livre et cette spatialité s’est progressivement constituée en système abstrait » p.103


- L’écrit papier

La notion « d’espace graphique » (cf ; J. GOODY) fait apparaître l’opposition entre le rôle de l’écriture sur le développement de la  pensée et la dimension séquentielle unique de l’oral (création des listes, des systèmes de classification etc.). Selon H.J MARTIN (1996), matériellement l’espace graphique évolue du volumen (document écrit sous forme de rouleaux) au codex (cahier). Cela donnera la « page » en latin, un espace physique avec ses règles de lecture qui devient aussi expérience sensorielle indissociablement liée au livre. D’ailleurs la page sera un espace sémiotique privilégié (polices, formats, caractères, couleurs, style etc.). P.106 « acquise au cours des siècles, la spatialité de l’écriture dans la page du livre s’est donc progressivement constituée comme système abstrait (...) Ainsi la structure physique de la page du livre met-elle en scène des environnements implicites perçus intuitivement par le lecteur qui feuillette l’ouvrage et qu’il s’attend à retrouver de façon stable, quel que soit le livre consulté ».


L’écrit d’écran


On l’imagine, « le changement de support a nécessité une redéfinition des relations entre pensée et espace, dans laquelle l’interface utilisateur représente ce nouvel espace à construire »p.108

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