La nouvelle science des réseaux sur le web -1

By | 1 décembre 2011

Cette chronique est une réponse au billet de Christian FAURE qui regrettait l’absence de sociologie structurale des réseaux sociaux sur Internet. Elle existe en fait, depuis des années, et, Bernhard RIEDER en fait un très intéressant résumé dans cet article en nommant son champ de recherche la « Nouvelle Sociologie des Réseaux » (NSR)

Résumé de son article sur Nouvelle Sociologie des Réseaux

Introduction sur les notions de réseaux

d’un côté le réseau en SIC : c’est la société en réseau de Casteils (implication culturelle et sociale des TIC, des ordinateurs en reseaux dans le monde sur les sociétés).
D’un autre côté le réseau en SHS : c’est ARS (Analyse des Réseaux Sociaux) qui applique sa méthodologie cognitive du modèle mathématique des graphes à toute manifestation sociale. Porblème : on fixe donc le social en ses qualités de mathesis « réseau ». Cette sociométrie va connaitre des limites que tente de gommer la NSR (Nouvelle Sociologie des Réseaux).

Quelques notions de la Nouvelle Sociologie des Réseaux

- loi du petit nombre de Milgram puis Granovetter (pour qui la modernité est due aux liens faibles plus nombreux entre les gens, alors que les liens forts agissent en clusters ou cliques) : ces proprétés de base s’observent dans tous les réseaux sociaux

- la majorité des noeuds affichent un degré relativement bas tandis qu’un nombre restreint de noeuds assemble un nombre trés élevé de connexions

- la propriété « réseau » devient squelette de la complexité car ne se limite pas aux réseaux sociaux; de plus des ensembles de grandes ou trés grandes tailles sont étudiés;et sa modélisation mathématique étudie aussi les dynamiques d’évolutions

[** livres issus de la NSR ces dernières années :. Barabási, 2002 ou Buchanan, 2002 ].

Problèmes : ils ne prennent pas en compte la sociologie des réseaux (ex : de Granovetter). Seul Duncan Watts, maintenant professeur de sociologie à Columbia  cherche à profiter des travaux de l’ARS (au niveau des propriétés prises en compte, des formes locales identifiées, des stratégies d’interprétation et de la granularité de l’analyse)

NSR et SHS :

RIEDER se propose de faire le rapporchement potentiel entre NSR et SHS.

Point de départ >la modélisation de la structure relationnelle de la population visée plutôt que l’étude statistique des traits des individus dans une société (passer de la métaphore du réseau à son usage méthodologique) « Le tournant vers la méthode inductive, qui renonce à la distinction de groupes a priori, représente tout de même une innovation majeure. » p.8
(…) « Les cliques ou réseaux d’influence que découvre l’ARS sont des catégories émergentes, fondées sur l’analyse relationnelle de la population étudiée. À partir des différentes mesures structurelles (densité, centralité, connexité, etc.) il devient possible de créer des typologies de groupes flexibles, plus proches de la réalité que les catégories stables de la sociologie traditionnelle. Nous pensons que la NSR pourrait effectivement ouvrir la voie à l’approche inductive au niveau macro. »

source de l’article : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/37/95/26/PDF/rieder_nouvelle_science_des_reseaux.pdf