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Jean-Louis MISSIKA  « La fin de la télévision »,  Seuil 2006

Spécialiste de l’analyse du système télévisuel, l’auteur distingue trois périodes de la TV :

  • La TV faite pour obéir : paléo-télévision (télévision d’Etat

  • La TV faite pour pleurer : néo-télévision (télévision des réality shows)

  • La TV faite pour s’épanouir : post-télévision (téléréalité)

Sur cette dernière : « si elle s’effondre d’un seul coup, la néo-télévision n’en à pas moins brisé l’un des deux derniers tabous des modèles précédents. En donnant la parole à des personnes ordinaires elle a fait émerger une nouvelle parole légitime. Encore faut-il avoir vécu quelque chose d’extraordinaire pour pouvoir s’exprimer. La post-télévision va se charger de faire tomber cette dernière barrière et d’achever le travail de désacralisation et de sécularisation de la TV. Avec la téléréalité, non seulement n'importe qui pourra venir parler, mais il pourra parler de n’importe quoi, c’est-à-dire de choses totalement ordinaires et sans intérêt » (p.27).

Mais il existe une dernière marque de différenciation entre celui qui parle et celui qui écoute : le premier passe à la télévision ! (même s’il est le même que l’autre).

Une digression intéressante de l’auteur : la téléréalité est le reflet des problèmes individus/société avec ces émissions qui testent les gens enfermés entre eux dans différents contextes, lieux, maisons. Comment vont-ils durer dans la tribu, dans cette nouvelle socialité ? A une époque où toutes les institutions ne sont lus des référents, la télévision se propose de faire et montrer la recherche sociale « et ce sont des socialités nouvelles, tribales la plupart du temps qui sont expérimentées (...) Avec la téléréalité les professionnels de la TV semblent bien démontrer avec force leur capacité à accompagner les mutations socioculturelles en cours et à en tirer profit (...) la télévision à même réussis à imposer des valeurs propres, autocentrées, ses héros et ses codes, à produire avec régularité ses propres stars : journalistes, présentateurs...people » pp.33-35.


La télévision est donc omniprésente et puissante. Pourtant c’est sa fin nous dit JEAN-LOUIS MISSIKA :« Défection sensible des jeunes générations qui trouvent à satisfaire leurs besoins de communication ailleurs et autrement ; des barrières 

technologiques qui s’effondrent et des barrières psychologiques qui s’effritent ; des concurrents venus d’ailleurs avec des stratégies efficaces et meurtrières ; des aspirations qu’elle semble incapable de satisfaire et de nouvelles pratiques socio-culturelles qui la minent » p.38.

L’hypersegmentation affaiblit en fait considérablement les chaînes généralistes qui baissent régulièrement dans leurs audiences. Avec l’ère de l’hyperchoix, les téléspectateurs ont plus de droits avec toutes ces chaînes et les détenteurs de droits sur les événements soumettent la TV. En tant qu’intermédiaire la télévision voit son monopole bouger, le téléspectateur est médiaphage (TV, radio, Internet).

Par exemple pour le produit « Cinéma » la chaîne généraliste est dernière dans la diffusion : un film passe d’abord au cinéma puis en DVD/vidéo/Internet, puis sur Canal +, enfin sur TF1. Et la VOD Internet va encore accélérer cela (on regarde un fil que l’on a choisit, où l’on veut, quant on veut, la nombre de fois voulues) .

P.45 « La TV est donc en passe de devenir un grand jukebox et la notion de chaîne devient obsolète face à cette nouvelle donne. Le téléspectateur pourra faire lui-même sa programmation et la visionner sur ses téléviseurs, sans avoir recours aux services du professionnel ».


*Mais la dimension imaginaire collective (« la grande messe du 20 heures ») de la TV résiste encore à cette consommation individualisée.P.46 « Regarder la télévision c’est encore se divertir avec d’autres ». Avoir les mêmes récits, points communs, héros, anti-héros...

C’est la dimension de programmation (des temps et des cérémonies) qui résiste encore aux îlots de divertissements ; mais c’est pourtant cela qui est le plus fragile du fait de la diversification des supports et des usages des téléspectateurs.




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