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Jean-Louis MISSIKA  « La fin de la télévision »,  Seuil 2006

Pour ce qui concerne les autres chaînes, en particulier la TV « premium » comme Canal+, le point de chute principal provient des détenteurs de droits sur les événements et leur possibilité de diffuser directement aux téléspectateurs leurs événements (ex : la chaîne ESPN pour la NBA ou le sport sur ADSL).

Tous ces éléments entraînent le processus de « démédiation » : « Pendant combien de temps les grandes machines telles que l’UEFA, le CIO, les ligues nationales de foot, la NBA et les grands studios de cinéma...Jugeront-elles que leur métier ne va pas de la production d’un contenu audiovisuel jusqu'à la gestion de la relation aux abonnés ? » p.52


Un autre problème menace l’hégémonie de la TV : la convergence numérique. Aujourd’hui l’information passe par toutes sortes de réseaux et la classique répartition TV/Cinéma/musique tout comme la distribution des métiers (Editeur/Opérateur/Transporteur) s’en trouvent modifiés par de nouveaux entrants que sont les FAI et les opérateurs télécoms et leurs offres « triple play ». Ces nouveaux entrants marginalisent les chaînes de télévision classiques, peu adaptées à la nouvelle donne de consommation sociale, et surtout moins puissantes financièrement. Enfin, possédant peu de droits sur les contenus elles peuvent être facilement contournées par ces nouveaux entrants.

Dans le nouveau monde numérique « la chaîne fait partie d’un package, vendu avec d’autres, et doit accepter une situation ou elle n’est plus maîtresse de son destin » p.64


Démédiation et dépendance amènent le résultat suivant : toujours plus d’images et toujours moins de télévision » p.65

Mais la force la plus puissante et sournoise qui érode la télévision est le besoin de participer qu’à la téléspectateur, ce qui met en cause le modèle de base de la TV, celui d’être faite par des professionnels ! C’est la « déprofessionnalisation ». Pour l’auteur, avec les outils numériques, tout amateur peut produire ses contenus mais peu aussi les diffuser avec Internet. C’est là la nouveauté qui met en concurrence amateur et professionnel. Ex : les blogs amateurs ou professionnels.

La télévision disparaît donc au profit de ces nouveaux usages, auxquels d’ailleurs elle a contribué en donnant la parole au téléspectateur, dévaluant ainsi ses propres experts, instaurant le cynisme en mode de gestion).


Conséquence sociétale de cet affaissement de la puissance télévisuelle pour MISSIKA : la désintégration de l’espace public.


En effet, pour lui, aux 3 âges de la télévision correspondent trois âges de l’information (p.73) :

  • Paléo-télévision rime avec information institutionnalisée (aux ordres du pouvoir

  • Néo-télévision rime avec information spectacle des années 80 et l’âge d’or de la mise en scène de la politique à la TV

  • Post-télévision rime avec information-fusion qui bannit l’info sérieuse au profit du divertissement qui met l’accent sur les coulisses, la transparence du politique, gère les passions, l’intime avec le téléspectateur.

Avec ces éléments de l’information-passion de la post-télévision : « on comprend mieux pourquoi l’homme politique en tant que personne - sa vie privée, son caractère, ses crises, sa sexualité, son aspect, ses enfants, son logement - devient un sujet d’information de première importance (...) L’acteur  politique devient un people comme un autre » p.86

Conséquences : le politique se met en scène lui-même, créé ou suscite l’événement et les médias suivent !

Et ces événements médias sont pensés pour la mise en scène, la mise en images (d’ou la règne du para-journalisme, des conseillers en communication, agences événementielles). P. 92 « le journalisme ne traverse pas une crise, il vit une révolution. Le modèle traditionnel, né au début du XXe avec la « penny press » aux Etats-Unis est en train de disparaître . 




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