Isabelle
PAILLIAR (dir. Avec MIEGE, CHAMBAT...) « L’espace
publics
et l’emprise de la communication », ElluG Grenoble,
1995.
-
Il y a difficulté à définir la
représentation
de la société attachée à la
notion
d’espace public : « le
problème touche ici à la délimitation
du
collectif concerné car elle est potentiellement
conflictuelle
avec l’ouverture ou l’accessibilité de
l’espace public :
jusqu’où doit aller cette accessibilité
sans risquer
de vider l’espace public de toute consistance ? »
D’abord,
la frontière (interieur/exterieur, un/nous) permet de
sérier
les personnes concernées, habilitées à
intervenir dans l’espace public.
Ensuite, la nature du lien qui unit ces personnes concernées en un ensemble (ex : opposition communauté/monde commun) : « dans l’espace public bourgeois au XVIIIe, l’usage public de la maison comporte une visée universelle : ce sont les caractères de généralité que Rousseau utilise pour qualifier la loi comme expression de la volonté générale d’une communauté humaine. Mais en même temps, la réalité du process de formation des démocraties révèle un enracinement dans une nation (...) ce processus conciste en une universalisation des droits politiques dans une société d’égaux et en 1er lieu du droit au suffrage, mais l’irruption des masses dans la politique est en même temps à l’origine d’une transformation du modèle initial à travers l’émergence des médias de masse »
- Difficulté liée au rôle de la communication. Le principe argumentatif étant à la base de la constitution d’un espace public, il faut tenir compte des dispositifs matériels qui constituent leur principe de publicité.
Ex : coprésence et oralité chez les Grecs (la parole comme technologie intellectuelle)
Ex : au XVIIIe c’est l’usage public de la raison (comme communication) via l’écrit et l’imprimerie qui en facilite la circulation
« l’analyse de la constitution de l’espace public exige donc d’associer la question de la médiation technique à une sociologie des pratiques de communication"
Les
TIC
Ont double dimension de technique et de communication
« la prise en compte de la médiation technique dans la constitution des espaces publics conduit donc à écarter les schémas dualistes - les TIC amplifiant les travers dénoncés à propos des médias - / ou au contraire - elles réunissent la société civile par la possibilité d’accéder à tout, et à tout un chacun, n’importe quand, grâce aux réseaux, ce qui renforce dialogue et initiative (CF MINC/NORA). Plus que sur la substitution des TIC aux médias classiques, il convient de mettre l’accent sur leur articulation dans des process de montée en généralité et en visibilité des groupes et individus (entre la cynique télé-réalité et la véritable démocratie populaire) : la diversification des scènes publiques nécessite de reconsidérer les ressources et les stratégies qui sont utilisées dans la constitution des identités collectives et la formulation des problèmes publics (...) Les TIC, se révèlent moins antagonistes des médias qu’elles n’accompagnent la recomposition des fonctions de l’espace public (...) l’espace public (aujourd’hui) apparaît moins structuré par une logique de rassemblement et de recherche de consensus d’une communauté nationale que par celle d’une vie relationnelle chaotique d’énoncés à la recherche de publics potentiels susceptibles de s’y reconnaître »
Si les TIC amènent éclatement, l’espace public est lui aussi déjà bien éclaté !
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