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Editor : Th. TEULE

France

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Pierre LEVY «  Cyberdémocratie », Odile Jacob, 2002.

L’auteur revient d’abord sur les critiques qui ont été portées à son œuvre depuis plusieurs années, en particulier sa notion « d’intelligence collective » dont Internet porterait les promesses au niveau planétaire et qui peut se comprendre comme un « socio-biologisme » : « Lorsque je parle de sélection au cours de l’évolution culturelle, je ne prétends nullement tel ou tel pouvoir momentané. Je suggère que des formes d’organisation sociale dans lesquelles les individus sont plus libres - et donc mieux capables d’actualiser leur potentiel - et dans lesquelles les procédures et les outils de coopération intellectuelle sont plus efficaces ont un avantage compétitif sur les sociétés dans lesquelles les gens sont opprimés (ou les singularités étouffées) et la coopération intellectuelle découragée ou faiblement outillée. Autrement dit, le perfectionnement de l’intelligence collective (qui suppose la liberté) est le produit et le sens de l’évolution culturelle » p.16


Il en veut pour preuve l’avènement d’une possible nouvelle démocratie avec le cyberespace : «  il y a dans la notion de démocratie à la fois l’idée des droits et des libertés qui impliquent la dignité éminente du citoyen (version politique de la personne), et l’idée de la délibération, du débat, de la recherche commune des meilleurs lois et donc de l’intelligence collective dans ce qu’elle a de plus élevé : la visée d’une règle juste, impartiale, universelle. En somme la démocratie contient à la fois l’idée de la liberté et celle de l’intelligence collective. Or le cyberespace offre lui aussi une liberté d’expression et de navigation dans la sphère informationnelle infiniment plus grande que tous les autres médias antérieurs, en même temps qu’un outil sans précédent d’intelligence collective » p.32.


Historique


Historiquement, les inventions médiatiques (imprimerie, livre, photographie, TV, radio) ont augmenté la visibilité du monde par tous, contribuant à la création d’un espace public partagé et de son pendant, l’espace privé, intime, individuel. En ce sens « l’éclosion du cyberespace ne fait que poursuivre un mouvement pluriséculaire de montée de la visibilité et de la transparence » p.93. Par exemple, de plus en plus d’images sont créés ou manipulées pour comprendre/interpréter le monde (images scientifiques, satellites, jeux vidéos etc.). En conséquence « le cyberspace devient donc aussi un réseau de capteurs d’informations externe (le monde physique) et interne (la société et l’imagination humaine) de plus en plus vaste et varié » p.40. C’est l’exemple du passage de la TV unidirectionnelle à l’omnivision qui permet de diriger son regard partout dans l’espace, sur toutes les échelles, les temps ...


Pour Pierre LEVY l’histoire marque une évolution nette , « tous les signes produits par l’humanité tendent à rejoindre la sphère universelle de visibilité du cyberspace » (p.41.) :

- C’est la fin de la séparation public/privé

- C’est la possibilité de cartographier tous les comportements en temps réel et toute transparence

- C’est l’empire de l’omnivision et de la transparence numérique qui deviendra la base de la cyberdémocratie

Et de nouveaux pouvoirs politiques apparaissent en conséquence : « nous sommes en train de découvrir que la puissance est associée à la transparence, comme le pouvoir l’est à l’opacité. Rien que de fort logique dans ce résultat puisque l’opacité laisse le champ libre aux comportements égoïstes, non éthiques, abusifs, mensongers voire illégaux, qui ne favorisent certainement pas l’esprit de coopération,, de service mutuel et de partage de savoir qui est à la base de l’efficacité et de l’intelligence collective » p.43. L'advenue d'une cyberdemocratie...


Médias du XXIe siècle


Il faut noter trois mutations principales des médias au XXIe siècle :


- Le déclin de caractère territorial des médias : en étant présents sur le Web, donc captables partout dans le monde, les médias locaux, localisés géographiquement, perdent leur singularité culturelle pour toucher une communauté (d’auditeurs, lecteurs, spectateurs) virtuelle multiple. Ils sont déterritorialisés. (communauté virtuelle : « réserve d’intelligence et d’information » p.53).


- La convergence entre les supports média, les Webmédias : en effet, un nouveau modèle de lecture des informations apparaît avec le primat de la « préférence » (ce que les internautes ont aimé) et l’omniprésence de « l’archivage » (alors que dans les médias classiques l’information de la veille était obsolète).


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