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Editor : Th. TEULE

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Pierre LEVY «  Cyberdémocratie », Odile Jacob, 2003.


- L’émergence des « automédias » : prise en charge croissante de la fonction médiatique par l’ensemble des acteurs sociaux.

Pour LEVY, dans un monde d’interrelations croissantes nous devons exercer explicitement une « fonction médiatique », « la vitesse des transformations scientifiques, techniques, économiques, culturelles et politiques oblige chacun à se définir constamment et à faire connaître aux autres sa nouvelle identité, ses nouvelles finalités, ses nouvelles compétences » p.56.

Tous - individus, entreprises, villes - doivent faire des relations publiques, de la communication sociale puisque « la distribution de la fonction médiatique est l’un des phénomènes les plus remarquable de la période contemporaine (...) des scientifiques aux artistes, en passant par les hommes d’affaires et politiques, tout le monde veut être connu, cité, photographié, interviewé, passer à la TV, apparaître sur Internet »p.57.


C’est l’explosion « narcissique », l’inflation de la sphère publique.


A la base de ce phénomène on trouve : l’évolution contemporaine de la liberté d’expression et l’explosion qualitative et quantitative du Web. Cela à pour conséquence que toutes les institutions, les groupes, les individus « deviendront leur propre média et animeront la communauté virtuelle qui correspond à leur zone d’influence sociale » (p.58), des liens d’intermédiation entre diverses communautés seront assurés par les hyperliens sur le Web. Et l’opinion publique se forgera dans le Chats, les forums de discussion...Bref sur le Web où chaque information est archivable, reconfigurable ...territoire propice à l’émanation d’une intelligence collective.

C’est la fin des intermédiaires, des journalistes habilités à exprimer l’opinion publique (mais aujourd’hui pris par le temps, le manque de compétences, les intérêts supérieurs) ; c’est la « libération de la parole » dans les démocraties pour le déploiement d’une « conversation planétaire ».

En fait les nouvelles médiations sont « celles des capillarités relationnelles, des processus d’intelligence collective distribuée et de la familiarité croissante avec les territoires en expansion de l’hyperdocument planétaire » p.66.

C’est la différence entre les modes de sélection de l’information de deux médias : a priori pour les médias classiques, a postériori pour Internet (où une information est pertinente selon le nombre de liens qui y convergent, le nombre de connexion, de reprises, citations ...).


Internet, projet civilisationnel


Pour Pierre LEVY Internet a un projet civilisationnel : « pour le projet de civilisation qui -prolongeant celui des Lumières - exploiterait les meilleures potentialités du cyberspace, il s’agit précisément de faire des citoyens des intelligences associées , et donc de leur reconnaître l’intelligence, le discernement et l’esprit critique ad hoc » p.68.

Et l’Internet remet donc en cause les situations de monopoles de ceux qui ont le « pouvoir de dire ».


Les communautés virtuelles


Elles sont le fondement social du cyberspace, une nouvelle manière de faire société. Il les définit simplement comme « groupe de personnes en lien par l’intermédiaire d’Internet ». Ce mode relationnel s’ajoute ou complète les autres (rencontres en face à face, courrier, téléphone) mais il est déterritorialisé et mû par une communauté d’intérêts : « de plus en plus d’activités collectives humaines (celles qui n’impliquent pas nécessairement la présence physique) auront lieu dans un espace virtuel de communication. En outre, chaque aspect de notre existence, travail, loisir, passions, amis, santé sera relié à un ou plusieurs communautés virtuelles » p.79.

A tel point que les entreprises auront tout intérêt à reconnaître et s’allier avec des communautés virtuelles de consommateurs, à entretenir une relation symbiotique avec elles. En fait, « une communauté virtuelle à vocation à devenir une intelligence collective c’est-à-dire une source de connaissance et de créativité » p.81.


Et c’est dans cette émergence des communautés en ligne qu’il faut repenser la démocratie.

Classiquement, la démocratie se définit par son ancrage local, sa proximité, une communauté locale et des médias adaptés (des lieux de rencontres physiques, publics comme le marché etc.). Avec la cyberdémocratie nous avons l’avènement des « communautés virtuelles locales » (réunion de membres habitant la même zone géographique) sur des idées ou informations précises.

Pour LEVY c’est là le schéma de l‘intelligence collective : capacité à produire et gérer de l’information , et conscience de l’interdépendance (« l’information représente les flux d’événements qui connectent les subjectivités personnelles et les font entrer dans la danse de l’intelligence collective » p.91).


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