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Solveig GODELUCK « La géopolitique d’Internet », La Découverte, 2002


Dans cet ouvrage l’auteur donne quelques définitions très intéressantes des phénomènes socio-politiques à l’œuvre dans l’émergence d’Internet depuis quelques années. Et critique l’évolution actuelle du Net. Quelques fondamentaux de sociologie de l'internet sont ainsi vus


La socialité d’Internet


L’auteur distingue trois catégories socio-politiques sur Internet : les colons, les marchands et les régulateurs dont il fait le commentaire des actions et leur impact sur le devenir du réseau tout le long de son ouvrage.


«  Sociologiquement, plusieurs auteurs, au premier rang desquels Manuel CASTELLS, constatent en effet la formation, antérieure à Internet, de réseaux qui se moquent des frontières. Ils sont liés par des affinités (l’écologie), un sentiment d’appartenance connu (le judaïsme), un projet commun (les manifestations antimondialistes) etc. La connectivité multiplie et intensifie les interactions au sein de ces groupes  ; elle suscite l’éclosion de très nombreux réseaux et sous réseaux. Manuel CASTELLS note pourtant que l’aspect spectaculaire de la sociabilité des BBS n’a plus cours sur un Net grand public. Tout le monde n’est pas aussi impliqué. Les communautés virtuelles sont même caractérisées par le lien faible qu’elles permettent d’entretenir : les amis sont lointains, on ne les croisera peut-être jamais, on ne leur dévoile qu’une partie de ses opinions, et on les fréquente pendant un temps limité. Cette mutation de la convivialité en relation individualisée à la société est une façon de restructurer le lien social lorsque les familles sont nucléaires, le travail sur mesure, les institutions en crise, bref l’âge de l’individualisme en réseau. Plutôt que de désigner la communauté virtuelle comme acteur géopolitique du cyberspace, il est plus juste de considérer l’internaute comme un colon du virtuel, certes rattaché à une immense colonie, mais doté d’une légitimité et d’un pouvoir isolés. Il lui arrive, par la suite, de s’allier pour accroître ses forces ». p.65


Mais au-dela de la sociologie, Internet montre un autre visage si on y regarde de près, en fait il devient un réseau de plus en plus cadenassé par certains : "dans l'esprit des maîtres du code, les machines communiquent sans l'aide de l'homme, le débarrassant de nombreuses tâches de maintenance et d'aministration, mais le privant aussi d'une capacité de contrôle et d'action. On n'est plus propriétaire d'une application, mais simplement admis à s'en servir selon des règles définies par les techniciens"p.69.


- L’ambiguité du culte de « l’interface graphique »


En effet, les « services Web » ne sont que les derniers avatars de l’avancée dans l’interfacage convivial des outils TIC mais aussi de leur automaticité : de l’iconographie (par exemple la « poubelle » sur le « bureau ») qui a fait disparaître la carte du système d’explication, au www qui a permis aux maîtres du HTML d’exercer leur domination sur les visiteurs passifs, au XML, l’internaute-usager des TIC perd de son autonomie. 


P.71 « avec XML l’interface se raffine et se complique d’une couche logicielle supplémentaire, inaccessible aux codeurs du dimanche qui s’étaient formés eux-mêmes à HTML en recopiant des programmes. Le téléchargement des logiciels promet d’oter ce qu’il leur reste de transparent. L’utilisateur sera navré de ne plus voir qu’une seule version, la dernière, retapée discrètement pour colmater les brèches de sécurité et adaptée à son système d’exploitation. Toute expertise indépendante pour juger de la qualité des produits deviendra beaucoup plus difficile, quant à la télémaintenance des programmes, énorme marché à venir, elle revient à céder les commandes de son micro-ordinateur au technopouvoir ».


Sociologie du technopouvoir

« Selon Tim JORDAN, le technopouvoir est l’oscillation constante ressentie par les utilisateurs de technologie entre le fait d’appréhender ces technologies comme une chose inerte, asociale, et de la manipuler en fonction de valeurs vivantes, sociales. Dans ce livre, il est redéfinit comme la manifestation d’un rapport de force fondé sur la maîtrise technique du réseau. Le technopouvoir constitue une élite transversale aux trois catégories d’acteurs de la géopolitique d’Internet (colons, marchands, régulateurs). A rapprocher de la spirale de technopouvoir : les internautes ont sans cesse besoin d’outils plus perfectionnés pour gérer l’abondance de données sur le réseau. Ils sont secourus par le technopouvoir, dont l’emprise s’accroît en proportions, car chaque nouvel outil de tri ou navigation suscite d’autres productions informationnelles , d’autres désordres » p.247.




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