Editor : Th. TEULE
France
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- proximité immédiate avec l’agora, le forum, le parvis
- proximité métabolique avec le cheval
- proximité mécanique avec le train et la révolution des transports
- proximité électromagnétique avec la mondialisation et le temps réel qui l’emporte sur l’espace réel »3.
La ville
« Si nous ne pouvons pas, à travers la mondialisation des télécoms, urbaniser le temps réel des échanges, c-a-d la ville-monde live, la ville-monde temps réel, l’histoire et la politique seront en cause »4.Pour VIRILIO, la ville dans sa forme politique majeure est le ferment de l’histoire, du temps ; donc même au travers du virtuel et des nouvelles technologies on doit la retrouver ! D’ou son refus de la confusion proche/lointain des réseaux : « si demain nous nous mettions à préférer le lointain au détriment du proche, nous détruirions la cité »5, c-a-d le droit de cité qui se base sur la mesure de la distance entre soi et les autres (citadins/étrangers...). Abolir, rétrécir ce monde par la vitesse sans contrôle raisonné est donc dangereux (aller au bout du monde en quelques heures « c’est arriver « à un état d’inertie mentale et de perte des rapports au monde (...) c’est le grand renfermement : avoir dans la tête une Terre ridicule ! »6).
1 Idem, p. 40
2 Idem, p. 72
3 Idem, p.41
4 Ibidem
5 p.42
6 p.43
7 p.44
Le corps
Parmi
les marqueurs identitaires, le rapport au corps (territorial, social,
humain) est bouleversé par les nouvelles technologies de
téléprésence
qui délocalise la position, la situation du corps :
« tout
le problème de la réalité virtuelle
est de nier
le hic et nunc, l’ici au profit du maintenant »1 ;
« les
délais technologiques provoquant
téléprésence
essaient de nous faire perdre définitivement le corps propre
au profit du corps virtuel (...) il y a la menace de perte de
l’autre, déclin de la présence physique
au profit
d’une présence immatérielle et
fantomatique »2.
L’image TV remplace l’image publique
donnée jusque là
par la vie de la cité, l’espace public. Ce qui
serait en
cause derrière la question de l’espace virtuel est
la perte
de la ville réelle. Il y a spectralisation du lointain et
perte du proche physique avec tous les écrans et les
autoroutes de la communication, perte du rapport au corps avec la
téléprésence que nous ne pouvons nous
permettre : « la
vitesse absolue nous enferme infiniment dans le monde »3.
La géographie du voyage (départ, voyage,
arrivée),
initiatique, croisée avec le temps historique,
n’est plus
possible aujourd’hui à l’heure de
l’instantanée
et de l’information médiatique
érigée en
histoire : « nous
allons bientôt ressentir la fin du monde. Non pas la fin
apocalyptique, mais le monde comme fini »4
(d’autant plus que la 3e
révolution technologique est celle de la transplantation
biotechnologique : le corps colonisé par
l’électronique
miniature, l’homme semblable et remplacé par
l’artificiel ;
d’autant plus qu’avec les réseaux
numériques tous
les sens sont maintenant transférés à
distance :
numérisation du voir, de l’entendre, du sentir, du
tactile -
sauf du goût ; et toutes les TIC
appliquées -
domotique, ordinateur, TV - séparent du corps, de
l’habitat,
des territoires de l’âme).
1 p.44
2 p.49
3 p.48
4 p.59

