La révolte du pronetariat, de Joël de ROSNAY – Fiche de lecture 2

By | 16 septembre 2013

L’évolution Darwinienne d’Internet

revolte pronetariat Rosnayselon Joël De ROSNAY , « le Net s’est développé comme un système darwinien, de manière buissonante, comme la vie elle-même » p.38. En effet les espèces vivantes ont un réservoir ADN qui doit s’adapter aux agressions de l’environnement pour survivre et qui transmettra ses gènes aux descendants : « le principe est analogue en informatique » (p.39). Quand des informaticiens louent un programme pour le faire tester par des utilisateurs qui le valideront ou non, puis l’envoient à des « bêta-testeurs » avant de la diffuser sur Internet. Entre-temps, le programme aura mûté. En fait « la théorie du chaos déterministe s’applique également à Internet » p.40.

Internet est le 5e pouvoir : « l’émergence de ce 5e pouvoir est notamment rendue possible par la transition entre sites Web et blogs » (p.41) ; « l’association blogs/RSS contribue à créer un réseau d’intelligence collective » (p.44) ; « il s’agit là d’un progrès considérable dont on ne mesure pas encore suffisamment l’importance » (Idem). En effet, avec les fils RSS l’internaute n’a plus à chercher l’information, elle vient à lui.

Une autre technique des médias de masses est le Wiki (alimenté bénévolement par les internautes, comme Wikipédia).

Avec ces wiki, fils RSS, avec le P2P TV de Bit Torrent par exemple, « chaque fois qu’une émission TV nouvelle apparaît, les abonnées aux chaînes TV pronétarienes sont avertis par les systèmes RSS : des agents intelligents se connectent automatiquement et enregistrent, sur un disque dur, les émissions qu’ils sont aller glaner aux quatre coins du monde. Par un système appelé enclosures, le « torrent » de bits se télécharge automatiquement et se transforme en une sorte de podcasting vidéo que l’on pourra enregistrer et regarder plus tard » p.56.

Ce sont les jeunes surtout qui apprécient de créer leurs propres programmes et naviguent d’une chaîne pronétariene à l’autre. Les chaines pronétarienes : « Vlog » créée par des jeunes ; « Current TV » de Al GORE, faite par des jeunes ; rocketboom.com…

Et des technologies d’accès comme le Wifi, Wimax, l’interopérabilité des systèmes d’information (les « réseaux pervasifs ») sont des outils puissants d’accentuation du développement de médias des masses. En définitive « la création collaborative et le partage se situeront à tous les niveaux de l’Internet de demain » p.68. Le défi reste néanmoins la création de contenus à forte valeur économique par le public lui-même.

La nouvelle « nouvelle économie »

ROSNAY la définie comme l’économie avec marché doublée d’une économie de la gratuité : « ce qui est gratuit est une sorte de produit d’appel pour inviter le consommateur à payer ensuite le service » p.103.

Parmi les éléments moteur de cette nouvelle « nouvelle économie » l’auteur distingue :

- Le plaisir : « tous les nouveaux services, de Yahoo à Google en passant par Ebay, relèvent du monde du loisir autant que du monde professionnel. Ils sont fondés sur le principe de « l’instant gratification » c’est-à-dire la plaisir amené par l’écoute d’une musique à peine téléchargée, une sonnerie originale de téléphone, des photos satellites de sa maison par Google Maps… » p.75.

Le principe fondamental est la « rétroaction sociétale », réponse simultanée de milliers de personnes par l’intermédiaire des réseaux de communication.

C’est aussi l’importance, pour les entreprises, de la gestion de la relation-client (CRM) : désormais avec Internet une entreprise peut consulter l’historique des acheteurs ayant visités son site, elle peut connaître leurs goûts et habitudes via les techniques de traçage que sont les cookies, le profiling ou les sondages d’opinion.

« Dans le mode tous vers tous les modèles économiques que l’on connaît, fondés sur la gestion de la rareté ne s’appliquent plus. La gestion de la rareté s’est progressivement transformée en un modèle économique de pouvoir qui revient à créer de la rareté de façon à générer du profit » p.96.

C’est la stratégie des Majors du disque qui aujourd’hui veulent sanctionner les internautes qui téléchargent gratuitement : la peur de manquer, dans une société de consommation, était leur instrument de pouvoir. Une « société de la peur » savamment entretenue dans les médias (exemple, le 20 heures) et qui graviter des politiques, juristes, consultants, médias qui vont alors proposer leurs solutions.

Au contraire, dans une société de l’information, c’est l’abondance qui est le bien essentiel car « dans la société de l’information, non seulement le numérique ne se perd pas, mais sa vie se poursuit »p.99.