La révolte du pronetariat, de Joël de ROSNAY – Fiche de lecture 3

By | 29 octobre 2013

revolte pronetariat RosnayFiltrer la nouvelle économie de l’information du web 2.0

La nouvelle « nouvelle économie » (la précédente, celle des « années 99/2001 avait péché par son manque de liens avec les infrastructures, la logistique physique, le monde réel ». Exemple : les embouteillages qui retardent les livraisons de l’e-commerce, le besoin d’entrepôts etc.) combine flux, gratuité et personnalisation.

Et la problématique principale de ce nouveau capitalisme est la recherche, le filtrage, la synthèse des informations (et non leur production) qui demandent du temps. A ce titre il faut combattre l’infopollution.

C’est d’ailleurs là tout l’objet de la société CYBION dont Joël De ROSNAY est la fondateur : « l’objectif (de cette société) est notamment d’essayer d’étendre les principes de la science de l’information appliquée de l’Internet et de promouvoir la recherche d’information afin qu’elle devienne une discipline d’étude à part entière » p.106.

Il prend l’exemple des blogs qui mélangent faits et commentaires.

Il évoque le « journalisme citoyen » de sites comme Oh My News en Corée (40 000 rédacteurs quasi bénévoles, 20 millions de lecteurs), Yahoo News qui intègre depuis 2005 l’information émanant de blogs américains.

Il décrit aussi le conflit d’intérêts Etats-Unis/Pays du Sud en matière de financement de l’information : les américains défendent « la libre circulation de l’information » qui ne doit pas être soutenue en cela par les politiques publiques alors que les pays du Sud revendiquent l’aide des Etats face à l’hégémonie des multinationales occidentales du secteur.

L’auteur évoque, comme outil typique répondant aux évolutions de l’internet, son propre média citoyen AgoraVox dont la philosophie est « nous sommes tous des capteurs d’informations » et dont l’objet est la transparence de l’information : « l’originalité d’un site comme Agora Vox est de faire remontrer l’information concrète depuis le terrain. On passe donc du « top down » au « bottom up » informationnel. En ce sens on peut dire qu’Agora Vox est le premier média pronétaire » p.129. Ce « média » comprend un comité de lecture qui censure ou pas les articles. « Ainsi la parole n’est ni au peuple ni aux élites. Elle est à ceux qui relatent des faits originaux et inédits » (Idem).

Cette attitude est encore très éloignée des médias traditionnels qui méprisent largement Internet selon l’auteur (ou des infocapitalistes qui font des procès).

L’auteur milite d’ailleurs pour que l’empire des majors entre dans un cycle vertueux en complémentarité avec le pronétariat afin d’inventer les médias de masses de demain. Et appelle à la mise en place d’une future éthique de la discussion dans ce monde où travailleront ensemble élites et peuples : d’ou la création nécessaire d’un organisme international de gouvernement, autorégulateurs .

Cyberessains, homme « augmenté »

p.95 « on se connecte, on se déconnecte, on se rassemble physiquement à un moment donné pour une mission précise, ce qui crée des réseaux d’intelligence collective ». Des groupes peuvent bloquer des sites etc…

Pour l’auteur, les entreprises sont des intelligences collectives alors que les individus sont des intelligences individuelles.

En fait, Joël De ROSNAY estime que les nouvelles phases d’innovation du réseau vont permettre d’accéder à un vieux rêve d’augmentation par ordinateur des capacités humaines connectées en temps réel. Que ce soit par le « tagging » ou la folksonomie, techniques par lesquelles les internautes classifient eux-mêmes leurs propres pages Web face au trop plein d’informations. Ceci présage du Web sémantique. Les Internautes aujourd’hui font le travail des robots du Web des années 90 (exemple, My Web 2.0 de Yahoo), le qualitatif remplace le quantitatif dans les annuaires de recherche.