La révolte du pronetariat, de Joël de ROSNAY – Fiche de lecture 4

By | 8 décembre 2013

revolte pronetariat RosnayL’économie des services web 2.0

Et l’auteur de voir dans les « services Internet » (XML, AJAX et API publiques) une remarquable évolution : « ainsi Internet pourrait devenir progressivement une véritable plate-forme pour chacune de nos application : il ne serait plus besoin de les installer sur nos ordinateurs puisqu’elles fonctionneraient depuis l’Internet Operating System » p.182.

« La vraie évolution est là. Le Web 2.0 permet de plus en plus aux pronétaires de s’approprier l’information, de la valider, de la partager et de la diffuser. (…) Avec le Web 2.0 ce sont les pronétaires qui se réaproprient Internet en utilisant leur intelligence individuelle et collective » (p.183).

En effet les pronétaires peuvent déclarer maintenant c’est notre Web. Il n’y a plus de spectateurs et de consommateurs. Les exemples de sites « pronétaires » : Flickr, Post Secret, MySpace, del-icio, …Les « Fabs Labs » (laboratoires de production individuelle d’objets à partir du Web)…Les imprimantes 3D

Dans ce contexte l’entreprise doit échapper à son cadre « brick and mortar » (ses bâtiments) et utiliser la culture immatérielle des blogs, wikis, vlogs comme outils de marketing et relation au client. Exemples : la société MarCom Interactive qui créée des pages de ressources à partir de tags vers des blogs, sites Web ; Propter & Gamble qui utilise les essaims d’Internautes pour résoudre ses problèmes ; le projet SETI. Voire les enchères en ligne qui réclament la participation des internautes comme Ebay.

C’est en fait un comportement social partagé qui caractérise un marché de plus en plus de particuliers à particuliers.

Sociologiquement l’auteur voit émerger un monde tribal avec ses diverses cultures, langues sur ce nouvel Internet propice à leurs manifestations car il est le média des masses et que les possibilités de connexions vont encore être multipliées par les technologies mobiles ou la mise en réseaux pervasifs. Et c’est par la corégulation, émergence de l’intelligence collective et des médias de masses, que les citoyens vont développer la société de l’information.

Un exemple simple d’intelligence collective selon Joël de ROSNAY sont les applaudissement d’une foule à un spectacle : d’abord désordonnés puis à l’unisson puis s’arrêtent spontanément.

Le cybionte

Le contexte général, l’évolution du genre humain, est marquée par cet accélérateur d’idées, sociales, qu’est le numérique : les « gènes » du social mutent avec Internet. Car l’homme « vient de séparer deux mondes : le monde réel et le monde imaginaire » (p.204) ; il invente des objets qui n’existent pas dans la nature.

Le macroscope est cette évolution vers le cyberspace que provoque la rencontre biosphère/technosphère. Et le cybionte en est le cerveau que les hommes construisent.

Si aujourd’hui nos ordinateurs fonctionnent à partir d’Outil Systèmes, « bientôt Internet deviendra l’OS universel dont se servira la communauté » p.205. Et ce Web du futur est « notre Web ».

C’est là une figure macro-biologique car « quand une personne clique sur une page, modifie un blog, rédige un commentaire, elle reprogramme, le méta-ordinateur de l’intérieur » p.206. Ce sont des liens presque biologiques. Un noeud de réseau est un neurone. Et aux connexions des humains entre eux, il faut ajouter les objets.

En définitive «  le développement d’Internet rappelle certains des principes fondamentaux mis en œuvre par l’évolution biologique » p.209.

D’ou la difficulté de la comprendre le phénomène par l’analyse, il faut plutôt effectuer des synthèses car le chercheur lui-même est pris dans le système.

Et Joël de ROSNAY de conclure : « on voit émerger une conscience collective réfléchie » p.213.