La société en réseau I. L’ère de l’information, Manuel CASTELLS – Fiche de lecture 5

Le paradoxe des phases de révolution technologiques selon Castells

castells societe reseauxSi la technologie joue un rôle capital dans la croissance économique, selon diverses études elle semble se ralentir lors des fameuses phases de « révolution technologiques » !

Pour se retrouver dans ce paradoxe CASTELLS propose de considérer que : les révolutions technologiques passées se caractérisent par un retard considérable de la productivité éco sur l’innovation techno (car il faut que ces innovations se diffusent, culturellement, socialement, institutionnellement) : « par conséquent, dans les années 70 et 80, le nouveau système techno-éco caractérisait pas encore les éco nationales dans leur intégralité »1. Ainsi l’auteur se livre à une étude de cas sur la France, le Japon, les E.U : ainsi, et face aux idées reçues, le ralentissement de productivité touche d’abord les services, catégorie floue, sur laquelle on manque d’outils d’analyses…

Autre facteur de ralentissement de la productivité des 70’s, les stratégies d’E., en particulier, vers le commerce planétaire, via « l’élargissement des marchés et la conquête de parts de marché » : elles développent des facteurs qui ont peu d’incidence en terme de productivité pure (elle n’augmente pas comme dans les 60’s) mais bc en terme d’exportation (elles explosent entre pays). Pour CASTELLS c’est l’expansion du commerce qui est le phénomène dominant et non la productivité ! « pour s’ouvrir de nx marchés et relier en réseau planétaires les secteurs rentables de chaques pays, le capitalisme a besoin d’une extrême mobilité et les E. de capacités de communication d’une efficacité tj + grande. La déréglementation des marchés et les NTIC, en étroite interaction, ont permis de remplir ces conditions »2.

En fait, seuls les secteurs de pointe (micro-ordi, électro, telecom, institutions financières) ont vu rentabilité et productivité augmenter. De plus, les marchés étant mondiaux, la concurrence avec, les produits, les rentabilités s’y mesurent : « voilà pourquoi, avec la recherche de la rentabilité qui est le moteur 1er de l’E., l’éco informationnelle est également modelée par l’intérêt vital qu’ont les institutions politiques à renforcer la compétitivité des éco qu’elle est censée représentée »3.

Et CASTELLS de s’inspirer de l’économiste Richard NELSON pour prodiguer son paradigme explicatif de l’économie informationnelle « la théorie de la croissance devrait désormais s’élaborer sur les relations entre le changement technique, les possibilités des E. et les institutions nationales »4

La repolitisation du capitalisme informationnel

Entreprises et Nations sont les agents réels de la croissance économique. En définitive l’auteur veut avancer l’idée que l’informationnel a changé le capitalisme.

« En des moments clés du développement, les gouvernements utilisent la compétitivité des E. du pays comme instrument au service de leur intérêt national ». L’Etat joue un rôle mobilisateur dans le développement technologique des pays ; de plus les 80’s sont marqués par la déréglementation des marchés et privatisation d’entreprises (en particulier dans les secteurs de l’énergie, télécom, médias et finances), facteurs préalables à la croissance : « dans le nouvelle économie globale, si les Etats veulent accroître leur richesse et leur puissance nationale, ils doivent nécessairement entrer dans l’arène de la concurrence internationale et conduire leur politique de façon à améliorer la compétitivité collective des E. ainsi que la qualité des facteurs productifs sur leur territoire »5

(ex : éducation, recherche, infrastructures technologiques…ex : en Asie Orientale et à un degré moindre en Europe).Ainsi, les pays victimes d e leur propre idéologie voient leurs conditions technologiques et économiques se détériorer rapidement par rapport aux autres : les Etats conduisent des politiques « dans le cadre d’une économie de marché »(p.119).

L’économie informationelle ne se distingue donc pas de l’économie industrielle par l’augmentation de la productivité (dans les 2 cas la croissance économique repose essentiellement sur le savoir et le traitement de l’information pour l’auteur, ex : la gestion Fordiste) !

1 p.102

2 p.113

3 p.114

4 p.108

5 p.118

electro