La société en réseau I. L’ère de l’information, Manuel CASTELLS – Fiche de lecture 6

« ce qu’il y a de spécifique c’est la réalisation ultime du potentiel de productivité contenu dans l’économie indus parvenue à maturité, quand celle-ci s’est organisée autour d’un paradigme technologique fondé sur les techno de l’info »1.

castells societe reseauxLa globalisation a accentué les potentialités de l’économie indus alors que les Etats aidaient les entreprises a être compétitives. Mais « la 1ere étape de la révolution informationnelle s’est soldée par un progrès économique ambigu »2 (car peu de secteurs st développés comme les telecom) et sa diffusion globale ne sera effective que dans le temps que la culture NTI se mettra en place. En fait c’est la culture industrielle qui « doit devenir informa et globale ou disparaître » pour l’auteur.

D’autres points de discussion concernant cette révolution informationnelle

– la loi classique de développement éco des pays (de l’agricole à l’indus puis au post-indus) n’est pas vraiment applicable à l’actuelle révolution puisque certains pays du 1/3 monde s’installent d’emblée dans l’économie info et concurrencent des E. sur les marchés mondiaux.

– l’éco informationnelle ne peut non plus se réduire à une économie de service car « il y a une agriculture informationnelle, une indus informationnelle et des activités de services informationnels qui produisent et distribuent, sur la base de l’information et du savoir intégrés (…) ce qui change ce ne sont pas les activités dans lesquelles l’humanité est engagée, mais sa capacité technologique à utiliser comme force productive directe ce qui fait la singularité biologique de notre espèce : son aptitude supérieure à manier les symboles »3.
L’économie globale

Est à distinguer de l’économie mondiale (selon BRAUDEL l’économie est mondiale depuis le XVIe) : l’économie globale est « une économie capable de fonctionner comme une unité en temps réel à l’échelle planétaire »4.

1 p.120

2 Idem

3 p.121

4 Idem

Et c’est seulement au XXe grâce à l’infrastructure nouvelle fournie par les TIC que l’économie mondiale est en mesure de devenir véritablement globale (alors que le moteur du capitalisme est l’expansion dans le temps/espace). Et cette globalité concerne les processus et éléments centraux du système économique :

– « Pour la 1ere fois de l’histoire le capital se gère jour et nuit sur des marchés financiers opérant en temps réel (…) puisque les monnaies sont interdépendantes, les économies du monde entier le sont aussi (…) C’est dans les réseaux informatiques reliant les centres (d’affaires) que se réalisent les opérations »1.

– Le marché du travail n’est pas global mais le travail est néanmoins une ressource globale à 3 égards au moins : les E. peuvent s’adapter partout pour trouver M.O ; tout type de M.O est trouvable ; les migrations favorisent la M.O mondiale.

– Science, technologie et information st également organisées en flux globaux dans des centres de compétences

– Les marchés des biens et services se globalisent de + en + malgré le protectionnisme (toute stratégie d’E. est à l’expansion de son marché)

– Gestion de production, de la distribution et processus de production st organisés mondialement dans leur mode de fonctionnement réel (c’est la toile globale !) : « le processus de production intègre des composants fabriqués en différents endroits du monde par des E. différentes, et assemblés à des fins et pour des marchés spécifiques selon une nouvelle forme de product° et de commercialisat° : product° massive, souple, sur mesure »2. Territorialement cette structure indus couvre le monde entier et se transforme sans cesse (du producteur à l’acheteur, de la pdt° à la distribut°…seul l’informatique permet cette souplesse de gestion).

Pourtant certains attaquent cette notion de globalisation

  • tous les marchés ne sont pas pleinement intégrés
  • la circulation des capitaux est limitée par les réglementations monétaires/bancaires
  • a mobilité de la MO est entravée par le contrôle de l’immigration et les xénophobies
  •  les multinationales restent attachées à leurs pays d’origines.

Cette critique voit dans les Etats-Nations un obstacle à la véritable globalisation !

1 p.122

2 p.125

electro