La société en réseau I. L’ère de l’information, Manuel CASTELLS – Fiche de lecture 7

Les 3 grandes régions de l’économie globale en réseaux

castells societe reseauxMais pour CASTELLS il y a 3 grandes régions de l’économie globale : l’Amérique de Nord, l’UE et l’Asie-Pacifique (le reste du monde tente de suivre). C’est en fait un phénomène « d’économie globale régionalisée » :

– Economie globale : « les agents éco interviennent dans 1 réseau global d’interaction qui transcende les frontières nationales et géographiques »

– Economie globale régionalisée : « (…)mais cette économie n’est pas politiquement indifférenciée et les gouvernements nationaux influent fortement sur les processus économiques » .

Et c’est cela un des traits fondamentaux de la nouvelle économie informationnelle/globale : l’intervention des Etats,  reflets de leurs sociétés, pour impulser le développement économique mondial. p.132 « Ce qui devient essentiel, dans l’économie informationnelle, c’est l’interaction complexe entre les institutions politiques aux racines historiques et des agents économiques de plus en plus globalisés ». p.131

De plus cette économie globale n’est pas à proprement parler « planétaire », uniforme. Elle touche seulement des pans de l’activité économique, des hommes et des sociétés. L’économie informationnelle ne concerne en fait que peu de choses, sa compétitivité est le produit de la dynamique de la concurrence entre agents économiques et entre sites géographiques.

Les facteurs de concurrence dans l’économie globale informationnelle

  • La capacité technologique (capacité du système science-technologie-industrie-société)
  • L’accès à un vaste marché intégré et riche
  • L’écart entre coûts de production sur le lieu de production et prix sur le marché de destination
  • La capacité politique des institutions nationales et supranationales à orienter la stratégie de croissance des pays ou régions qu’ils administrent

C’est ce qui donne la géométrie extraordinairement variable de l’économie globale : une nouvelle division internationale du travail !

Caractéristiques de cette nouvelle division internationale du travail

  • L’essentiel du commerce international s’effectue entre l’Europe, les E.U et l’Asie-pacifique
  • L’économie globale est asymétrique (différents centres et périphéries) : « Croissance économique, capacité technologique et conditions sociales se diversifient de plus en plus entre les régions du monde, entre les pays, à l’intérieur des pays, voire des provinces »p.143
  • Le tiers-monde stagne (dettes très importantes, baisse des exportations de produits de base, dépendance économique)
  • Une dynamique de l’exclusion : « dans l’entreprise, la logique de la nouvelle économie globale marginalise la majorité de la population africaine dans l’actuelle division du travail. La plupart des produits de base sont désormais inutiles ou sous-payés, les marchés trop étroits, l’investissement trop risqué, la main-d’œuvre insuffisamment qualifiée, l’infrastructure des communications et des télécoms manifestement inadéquate, la politique trop aléatoire et les bureaucraties gouvernementales trop inefficaces et corrompues »p.167

La dernière frontière de l’économie globale semble être l’intégration segmentée de la Russie et des républiques ex-soviétiques.

C- Structure de l’économie globale informationnelle

Combinaison d’une architecture durable et d’une géométrie variable.

  • . L’architecture durable : c’est un monde asymétriquement interdépendant (3 centres, une opposition zones productives, saturées d’informations et riches/zones appauvries, dévaluées économiquement et socialement exclues, et des périphéries s’intégrant progressivement). C’est le nouvel ordre économique mondial.
  • . Géométrie variable : on distingue les producteurs de biens à haute valeur ajoutée (s’appuient sur le travail informationnel ; les producteurs de biens moins sophistiqués (main-d’œuvre bon marché) ; les producteurs de matière 1ere (dépendant des richesses naturelles) ; les producteurs de biens superflux (réduits au travail dévalué).

p.180 « Les 4 positions en questions ne coïncident pas avec les pays. Elles s’organisent en réseau et en flux, en utilisant l’infrastructure technologique de l’économie informationnelle ».

Ainsi donc la toute nouvelle division internationale du travail ne prend plus pied sur l’idée d’échanges entre les pays mais dans les réseaux globaux où se positionnent les agents économiques. C’est la main-d’œuvre (son savoir) et l’insertion d’un pays dans l’économie globale qui définit sa place dans la division internationale du travail, et les changements de cette dernière.

CHAP 3 :L’entreprise en réseau pp.185-239

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