Veille Watch :


Liens Links:









Contact information:

Email: electropublication@gmail.com

Editor : Th. TEULE

France

www.electropublication.net


Focus web visuel






Focus socio-web
L'idée de “machine à gouverner” dans la cybernétique

Les révélations récentes d'Edward Snowden sur l'existence d'un vaste système de surveillance généralisée,  mis en place de manière secrête par la NSA via son accès aux données des internautes, en particulier au travers des données de ceux qui fréquentent les "géants du web" (Google, facebook, Yahoo, Apple...) confirme les idées et représentations de "panoptique", "catoptique" ou "cerveau planétaire" évoquées par certains  avec l'avènement de l'Internet de masses.
                                         --------------
Or, le thème de la “machine à gouverner” fut particulièrement récurent durant les années 50 à 70 dans les analyses des sciences sociales réceptionant la cybernétique en France.

- On connait la reception du texte de Norbert WIenner "cybernetics" qu'en fit, en France, le Père Dubarle,
philosophe et logicien, dans un article du journal Le Monde daté du 28 décembre 1948

Mais les sociologues Français pensèrent eux-aussi à la “machine à gouverner” durant les années 50 et 60 :

- dans la partie “cybérnétique” de l'encyclopédie des sciences modernes de 1958 c'est le sociologue Abraham Moles qui décrit ainsi la cybernétique dans le champ sociétal : 

le terme même de gouvernement par les machines parait infiniment prétentieux. C'est pourtant le sens principal que Platon attribuait au mot cybernétique”. Bien qu'il estime que cette “machine à gouverner” n'est qu'une allégorie, force est de constater que “ on entrevoit l'époque où, par exemple, les innombrables données fournies par les enregistreurs (baromètres, thermomètres, anémomètres etc.) seront incorporés pas des réseaux de communication dans des centres de calculs mécaniques où, dûment codifiés, enregistrés dans des mémoires , elles alimeneraient cet “esprit universel” de Laplace, assez vaste pour embrasser en un instant tout à la fois les positions et les vitesses des molécules de toute une région d el'univers et, par là même, d'en connaître l'avenir : le temps qu'il fera (…) Dans la mesure où nous saurons que les machines ont fonctionné correctement – ce qui est un problème d'ingénieur – nous accepterons leurs décisions comme des oracles de la pensée mécanique destinés à régler les affaires humaines : on voit se profiler la “machine à gouverner” prenant en charge cette recherche opérationnelle, là où l'esprit humain l'abandonne devant lacomplexité des situations présentées par la conjoncture économique ."













- Dans la même encyclopédie des sciences modernes c'est le philosophe André Labarthe dans un article intitulé “les robots, les machines auxiliaires de l'homme qui reprend les considérations sociales émises par Norbert Wiener plusieurs années plus tôt :

 en tant qu'auxiliaire de l'humain la machine à imprimer à rendu le cerveau humain incapable d'embrasser la totalité de l'information qui s'accumule de siècles en siècles dans les bibliothèques; en tant qu'auxiliaires humains, les calculateurs et traducteurs autamatiques ont remplacé progressivement l'acte de lecture, le dictionnaire voire la bibliothèque dans le laboratoire scientifique; il est donc logique de voir apparaître bientôt une nouvelle classe de machines capable de gérer hommes et information de visu, que ce soit à l'usine ou au laboratoire :


“[ainsi] une classe nouvelle de supermachines électroniques s'apprête t-elle, un jour qu'il n'est pas
absurde d'envisager, à gouverner les Etats, les sociétés ou un Etat planétaire ? Des groupes de penseurs électroniques, dépssant le machinisme énergétique, ccompliront-ils la dernière révolution unificatrice de la planête ? Sans des auxiliaires fondamentaux, il n'est plus possible de survivre aux
pouvoirs de l'esprit, à ses acquisitions; on ne peut éviter l'écrasement qui menace le génie qu'en inventant un nouvel esclavage, un colonialisme d'êtres électroniques, insensibles à nos erreurs et nos outrages, un société auxiliaire de robots, qui nous aideront à pousser encore plus loin la maitrîse de notre trajectoire humaine” .






 
<