hausse de température dans le web-mining

plusieurs décisions prises par les Géants du Web début 2012 venaient soudainement nous réveiller, nous, internautes qui gravitons avec tant de facilités en leurs services accueillants et si souvent gratuits  :

- En Janvier un article du site Seobook  – signalé par Laurent Bourrelly –  suggérait que Google allait vendre au privé en Espagne les données reccueillies sur les internautes dans le domaine du tourisme et de l’hôtellerie.

- En Février Twitter a vendu nos données à 2 sociétés de web mining

- Le 1er Mars Google à unifié sa politique de confidentialité concernant tous ses services et s’autorise publiquement au croisement de nos données (en passant, voila la raison pour laquelle je viens d’abandonner mes Gmails).


Dans la foulée quelques petites remarques :

pour unifier les 3 informations précédentes j’ajoutais que, puisque Twitter utilise Google Analytics comme outil statistique de mesure de son audience (comme nous le montre le code source de notre page de tweets), Google n’a jamais eu un réel besoin de se fatiguer à acheter Twitter (sauf à l’empêcher de se faire acheter par Facebook ou Microsoft). Le sujet fut pourtant récurent ces dernières années

Par ailleurs, avec son « Search Your World » Google voulait afficher les résultats de  Google+ dans les SERPS (résultats de recherches de son moteur), ce qui allait alourdir encore plus une page qui comprendra donc : les résultats de recherches naturels, Google Adwords, Google Images, Gmaps (pour les requêtes géolocalisables), Youtube, Google Shopping, Google News et maintenant Search Your Word…Sans oublier le jeu de l’historique.
Ce n’est plus un moteur de recherche que nous avons là mais une floraison numérique !
Beaucoup de critiques se font sentir d’ailleurs.

Sauf que cette réaction me donnait une idée : et si Google ne s’adressait plus finalement qu’aux jeunes, aux fameux « natifs du numériques » férus de réseaux sociaux et de recherche polysémique dont j’ai reparlé la dernière fois ?…  Et s’il tournait progressivement le dos à la génération qui a fait son succès en tant que moteur de recherche dans les années 2000, c’est-à-dire Nous ?…

Sociologie des algorithmes

A titre d’information, un séminaire allait avoir lieu à Lyon comprenant une intervention intitulée « sociologie des algorythmes «  par Tarleton Gillespie de la Cornell University. Il m’intéressait au premier chef car je travaillais de manière théorique et pragmatique sur plusieurs aspects de cette thématique là…

Argumenter dans un champ de force. Essai de balistique sociologique, Francis CHATEAURAYNAUD

Très bref retour de lecture de cet ouvrage du sociologue Francis CHATEAURAYNAUD car intéressant pour la recherche en sociologie cybernétique, pour plusieurs raisons.

Fondamentalement parce qu’il identifie clairement le cousinage entre ces deux disciplines, la balistique et la cybernétique :  » la cybernétique qui s’est développée dans une même configuration épistémique, au croisement de l’art de la guerre, de l’ingénierie et de la science  » (p.272).

Mais aussi car les concepts de trajectoires, bifurcations, portée et l’incessante mutabilité du tryptique milieux/arènes/acteurs qu’il identifie par l’étude pragmatique des controverses et débats publics, sont pleinement utilisables en sociologie de l’Internet, dans certaines problématiques, me semble t-il (c’est à essayer).

Peut-être même que dans un prochain ouvrage reliera t-il pleinement la socio-informatique (CF. « Prospero :Une technologie intellectuelle au service des sciences humaines » 2003) à cette très originale conceptuelle et méthodologique  sociologie balistique…

 Argumenter dans un champ de force. Essai de balistique sociologique, Francis CHATEAURAYNAUD

 

 

2012 : Kurzweil joins Google

la nouvelle ne devrait pas passer inaperçue : Ray Kurzveill allait travailler chez Google

La nouvelle pouvait même être inquiétante si on s’amuse à faire quelques rapprochements : en 2006 Kurzweil nous a décrit la « singularité » comme étant une phase d’évolution ultra rapide de l’homme vers l’homme augmenté (l’homme numérique au sens propre du terme) : mi-humain, mi-machine, augmenté des possibilités que lui offrent la convergence numérique appelée GNR aux USA (Genetic, Nano, Robotic) ou NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Information, Cognition ) en Europe. Dans son ouvrage « Humanités 2.0″ Kurzweil décrit plusieurs scénarios à très courte échéance (30 ans) pour l’advenue de la Singularité.
Et c’est l’Internet  qui en représente l’environnement, le terroir numérique fertile, la condition première.

Par exemple, selon un de ces scénario,  nos corps seront bientôt entretenus par des nanobots qui combattront les maladies ou répareront les cellules, et ceux-ci seront opérationnels grâce aux mises à jour qu’il téléchargeront via nos connexions Internet (avec risque de piratage de nos corps par exemple …). Internet est la condition sine qua none de cette advenue de la Singularité.
Or en même temps qu’Internet se développe en environnement numérique dans nos vies des « géants du web » ont pris une place conséquence sur toutes les technologies, supports et services d’accès à Internet : Google est de ceux-là, et même le premier des géants du web.

On peut supposer que l’horizon de la Singularité l’intéresse (même en tant qu’utopie) et vice et versa : on aurait même tout intérêt à prendre cette hypothèse au sérieux quand on est chercheur en sociologie de l’Internet ou en sciences d el’information aujourd’hui (et ne pas évacuer cette thématique à cause de ces aspects prospectifs « techno-scientistes », voire sa pseudo philosophie « transhumaniste »).

Car l’actualité nous donne quelques sérieux coups de semonce :

  • Ainsi en 2008 Google fut parmi les membres fondateurs de l’Université de la Singularité créée sous l’égide de Kurzweil en Californie (et où on enseigne et présente les avançées et concepts de la Singularité technologique).
  • Le Google Bot et l’algorythme classificateur des pages web de Google est l’un des élements les plus importants du web et donc de l’Internet aujourd’hui, surtout quand Google les fait évoluer par ses filtres ou ses politiques de croisements de données : les années 2010 sont marquées d’intenses débats sur ces choix et leurs impacts techno-sociaux sur les internautes. Du webot aux nanobots alimentés par Internet y a t-il un pas si grand à franchir ? : l’activité « webotique » est des plus méconnue des chercheurs en sciences humaiens sur le web, il serait temps de s’y mettre (suivre par exemple les propos de Daniel Kaplan sur la nouvelle « créalisation » du monde qui nous montre le moteur de recherche Google comme amalgame du langage des machines et du langage des hommes).
  • Et en 2012 Ray Kurzveill annonce qu’il va travailler chez Google …

 

GENERATION C : Prensky, le retour ? II

Un fait certain est que ces attributions de générations sont pénibles à suivre (Y, Z, C, natifs…). Mais elles semblent refléter l’évolution (l’instabilité ?) de la théorie des générations elle-même,  qui  muterait en même temps que les comportements sociaux (Cf. la thèse de la sociologue française Attias-Donfut).

Elles montrent surtout pour ce qui nous concerne, que l’alliance des NTIC et des jeunes depuis les années 2000 n’est pas anodine, que sa rencontre avec des univers professionnels structurés comme le monde  du travail (de l’université…) est largement indéfinie et inquiête ou rend perplexes les analystes rompus aux problematiques du changement dans des cadres bien definis (sociologie des organisations, sociologie du travail). On peut donc comprendre ces bricolages theorico-méthodologique autour des générations pour qualifier des comportements présents.Et c’est Prensky qui semble logiquement en profiter (la generation C prépare aux Digital Natives).

On l’avait chassé car  l’opposition Natifs/Migrants qu’il avançait était trop caricaturale et caricaturée : depuis on a appris que les jeunes n’ont pas tous des compétences informatiques évoluées, ou d’usage « intelligent » de l’Internet (par exemple en matière de Recherche d’Information sur les moteurs de recherche.

Voir la remarquable étude faite par Christine DIONI « métier d’élève, métier d’enseignant » ou celle de l’URFIST qui leur attribue 7/20), que leur milieu social et culturel détermine aussi leur appropriation des technologies (à lire en sociologie des usages le très bon « communiquer à l’ère numérique » de Granjon et Denouël, 2011) , et qu’à condition d’usage égale  « il n’existe pas de réelles différences entre les jeunes et leurs ainés » comme nous montrent régulièrement des études ;  Voire même que  la notion de digital natives est ancienne (Casilii)…

GENERATION C : Prensky, le retour ?

Il semble que des analystes aient trouvé une nouvelle génération, la génération C et de relancer un peu Marc Prensky et son fameux  « digital natives » …

Ces deux dernières années on croyait avoir évacué la notion de « digital natives » – ces jeunes nés après 1994, ayant grandi entourés des NTIC et développant des comportements particuliers (multi-tasking, attention non continue, culture du partage et de la collaboration, privacy fluctuante par rapport aux ainés…) – évincée au rang de mythe voire d’absurdité de consultant par certains observateurs  des jeunes et du phénomène  numérique.
Mais voici qu’un certain nombre d’organismes comme  le Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO) au Quebec, relancent  PRENSKY,  en faisant émerger une nouvelle génération intermédiaire,  qualifiée de génération C, et désignant les jeunes nés entre 1984 et 1996 (à différencier de la génération Y : 1978-1994). Génération C pour ‘content’ ou « communiquer, collaborer, créer » qui caractérise leurs usages des technologies de communication et d’Internet. En quelque sorte les primo-usagers permanents de l’Internet haut débit, de la mobilité électronique, du web 2.0… à 20 ans.  Et qui commencent à entrer dans d’autres univers, comme le monde du travail, en voulant y retrouver  ces mêmes usages du numérique.

 

 

 

Philosophie de la technique : la connaissance dans les sociétés techniciennes

Un ouvrage collectif qui critique l’imaginaire de la technique.

« Contre des sociologues comme Patrice Flichy, Pascal Robert remet en question l’existence même d’un tel imaginaire. Il affirme en ce sens que la technique ne porte pas en elle-même d’imaginaire, elle serait selon l’auteur à l’origine de « macro-techno-discours » qui viennent justement masquer « le déficit global de symbolicité de la technique » (p. 132).(…) Pierre Musso qui décrit l’apparition d’un nouveau « vitalisme » dans l’utopie des « réseaux spirituels ».
Celui-ci caractériserait le vieux rêve cybernéticien d’une intelligence collective de l’homme et de la machine.
Enfin Gérard Dubey interroge le concept latourien de « grand partage » à partir de la description d’un cockpit de Rafale. Pensé pour suppléer aux carences du corps humain, le dispositif technique relègue ce dernier en simple auxiliaire d’une machine omnipotente. Pour l’auteur, cette « révolution » ne s’accompagne toutefois pas d’un changement des représentations du partage entre l’humain et le non-humain.

Multimedias en sciences sociales II

Suite de notre dossier « usages de l’image et du multimedia en sociologie et anthropologie » .

Historical Analysis: Using the Past to Design the Future – Susan Wyche & Allii,  2008 

Texte (17p.) dans lequel des chercheurs en « ubiquitous computing research » ou plus simplement en « Internet Ambiant » expliquent leurs recours à l’Histoire ou l’anthropologie pour formaliser leurs propres recherches en 2009 (voir à ce sujet les travaux de Nicolas NOVA et « l’urban computing ») : « Like ethnography, history forces designers to become more aware of their preconceptions about a topic. Because of its ability to defamiliarize the present, history can be a powerful recourse for inspiring innovative computational devices and systems.”.

Towards an anthropological cinema – JAY RUBY, Nordic Anthropological Film Association Meetings in Ísafjörur, Iceland, June 6, 2008

Au delà du cinéma ethnographique classique le chercheur Jay RUBY intronise le Multimédia en Anthropologie : « I suggest that the production of digital multimedia ethnographies may be a way out of the limits that are possibly inherent in tradition filmic discourse. I illustrate this variety of « new » ethnography with my own recent work. ».

NOTE : ses enquêtes anthropologiques sur le style de vie américain comprennent 4 CD-rom intitulés « Some Oak Park Stories”.

 

 

Multimedias en sciences sociales

Cartes cognitives arborigènes. Le multimédia comme outil de recherche – Barbara GLOWCZEWSKI
C’est son CD-rom « Pistes de Rêves. Voyage en terres aborigènes » (UNESCO, 1999) qui est fondateur en France du renouveau de l’anthropologie visuelle par l’usage du multimédia : dans cette conférence vidéo elle explique l’apport de l’écriture multimédia à son travail d’anthropologue (20eme minute : de la ‘continuité dans la discontinuité‘). 10 minutes d’extraits du CD-rom ont lieu à la 25eme minute. Elle explique les 16 séquences du CD géographisé en 4 régions (45eme).Dans cette conférence elle explique nombre d’arrangements nécessaires entre la culture orale des Arborigènes et leur restitution multimédia par l’anthropologue. Par exemple > l’obligation de flouter les images des morts sur le CD-rom selon les croyances Arborigènes; mais quelques années plus tard, le deuil étant fait, cela n’est plus nécessaire, par contre l’interdit de prononcer son nom est toujours là (puissance de la parole dans cette culture essentiellement orale).

The image in sociology : Histories and issues : le statut intellectuel de la photographie – Douglas HARPER 2000 

Alors que la photographie était présente à une petite échelle dans la sociologie américaine des débuts, il fallut attendre les années 70 pour sa reconnaissance…Par contre en anthropologie la photographie avait servi à rassembler des données pour appuyer les théories de l’évolution sociale, courantes au début du XXème siècle. Son usage tomba en désuétude avec le changement d’orientation théorique de la discipline. Dans les années 40, le travail pionnier de Bateson et Mead relança l’utilisation de la photographie dans l’analyse de la culture. Dans cet article, Douglas HARPER suggère que la sociologie visuelle doit continuer à faire avancer la dimension théorique de l’anthropologie visuelle. En outre, elle doit reprendre les critiques post-modernistes émises à l’encontre du documentaire photographique et des comptes rendus scientifiques de terrain…Ses formes expérimentales comprennent l’entretien à partir de photographies, la narration en images et l’organisation non-linéaire des informations visuelles au moyen de l’hypertexte.

 

 

Sociologie : Ethnicity and Geography of Facebook Users

Il y a quelques années paraissait une étude de sociologie de Facebook intitulée , ePluribus: Ethnicity on Social Networks

A cette époque 25000 utilisateurs s’apprêtaient à quitter facebook suite à ses atteintes répétées ou supposées à la privacy de ses utilisateurs;d’ailleurs il n’y avait pas 15 jours sans que les administrateurs de la plate-forme ne fassent une MAJ de leurs conditions d’utilisation

Cette étude interne de l’équipe scientifique de Facebook a monté plusieurs cartes de répartition « ethnique » de ses utilisateurs aux USA :  ils expliquent que leur étude à été réalisée à partir de la corrélation entre le NOM des utilisateurs et leur ethnie supposés (??!) et en suivant le procédé  du Bureau d’étude des Généalogies Américain qui avait mesuré auparavant la corrélation entre SURNOMS et ethnies …Et donc leur étude est probabiliste !
[ Sagissant de Facebook on aurait pensé que méthodologiquement ils auraient plutôt scané les photos de membres pour faire des corrélations...Et comme ils ont tendance à présenter leur étude comme un "jeu"... On se demande s'il n'y a pas euphémisation des moyens de la "recherche" dans ce cas-ci ...]

 


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