Editor : Th. TEULE
France
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Peut-on parler de "sociologie cybernetique" ? Force est de constater que des travaux d'origines et d'objets divers vont se réclamer de la démarche cybernétique en France entre les années 50 et fin 70 :
- Par exemple Gérard METAYER dans son ouvrage “cybernétique et organisations” (écrit en 1971), modèlise le fonctionnement cybernétique d'organisations comme les entreprises, selon leurs organes de contrôle, de régulation, la circulation de l'information et le feedback interne ainsi que vis à vis de l'environnement de l'entreprise : des fournisseurs au service après-vente. Son ouvrage comprend de très nombreuses représentations graphiques de ses modèles cybernétiques
- Lucien MEHL en 1966 écrivit une “théorie cybernétique de l'action administrative” qui fera date, en considérant l'administration comme système complexe finalisé, du point de vue de la théorie de la commande et de la régulation : il fait d'abord une distinction entre systèmes isolés/non isolés, systèmes actifs (qui peuvent modifier l'environnement) et passifs (qui subissent l'influence de l'environnement), pour considérer que “les systèmes complexes sont, le plus souvent,d es systèmes mixtes, partiellement isolés, à la fois actifs et passifs” (p.788). Si la méthode cybernétique est utile pour l'étude du systèle administratif c'est parce qur “la méthode cybernétique offre l'avantage de mettre en lumière les liaisons entre les concepts, les relations entre buts, opérations et structures, et plus généralement, les interactions et les interdépendances au sein de ce système complexe qui est l'appareil administratif d'une institution sociale” (p.807) .
Cependant MEHL ajoute qu'un tel modèle nécessiterait l'ajout de statistiques étayant les différents niveaux d'analyses du phénomène administratif (étude des structures d'organisation, analyse des facteurs psycho-socio etc.).
- Dès 1958 Abraham A. MOLES, sociologue et mathématicien, va être un des principaux porte-parole de la cybernétique en France : d'abord par ses contributions importantes au chapitre “cybernétique, électronique ,automation" de l'encyclopédie des sciences modernes (au côté de scientifiques comme Louis COUFFIGNAL mais aussi du cybernéticien Rosh ASBY), puis comme théoricien de l'analyse du système culturel Français sous l'angle cybernétique en 1971
- Anton BRENDER s'est spécialisé à partir des années 70 dans la cybernétique appliquée aux domaines éco-sociaux : analyse cybernétique du parti socialiste au Japon, “Analyse cybernétique de l'intermédiation financière” . Dans ce dernier article paru en 1980 il envisage de s'intéresser aux intermédiaires qui jouent un rôle si important dans l'activité économique au quotidien et que la théorie économique à du mal à intégrer mais que la cybernétique offre une intéressante façon de traiter. Par exemple dans le cas des journaux : “pourquoi ce marchand a t-il aujourd'hui sur son éventaire x exemplaires de France-soir, y du monde, z du Figaro...et non x', y', z'...? Quel processus de décision, alimenté par quelles informations, a conduit à adopter cet assortiment plutôt que tous les autres possibles ? Voila la question que pose la cybernétique” (p.1604).
La possibilité d'une cybernétique économique BRENDER va l'envisager dans son article en étudiant le circuit des intermédiaires financiers : “que la cybernétique, conçue comme une théorie de la communication et du contrôle permette de renouveler la théorie de la monnaie ne doit pas étonner : instrument nécessaire à l'échange, la monnaie apparait comme étant à la fois et indissociablement, moyen de communiquer et moyen de “contrôler"(p.1606)