Editor : Th. TEULE
France
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- dans la partie “cybérnétique” de l'encyclopédie des sciences modernes de 1958 c'est le sociologue Abraham Moles qui décrit ainsi la cybernétique dans le champ sociétal :
“le terme même de gouvernement par les machines parait infiniment prétentieux. C'est pourtant le sens principal que Platon attribuait au mot cybernétique”. Bien qu'il estime que cette “machine à gouverner” n'est qu'une allégorie, force est de constater que “ on entrevoit l'époque où, par exemple, les innombrables données fournies par les enregistreurs (baromètres, thermomètres, anémomètres etc.) seront incorporés pas des réseaux de communication dans des centres de calculs mécaniques où, dûment codifiés, enregistrés dans des mémoires , elles alimeneraient cet “esprit universel” de Laplace, assez vaste pour embrasser en un instant tout à la fois les positions et les vitesses des molécules de toute une région d el'univers et, par là même, d'en connaître l'avenir : le temps qu'il fera (…) Dans la mesure où nous saurons que les machines ont fonctionné correctement – ce qui est un problème d'ingénieur – nous accepterons leurs décisions comme des oracles de la pensée mécanique destinés à régler les affaires humaines : on voit se profiler la “machine à gouverner” prenant en charge cette recherche opérationnelle, là où l'esprit humain l'abandonne devant lacomplexité des situations présentées par la conjoncture économique ."