L’empire cybernétique – Des machines à penser à la pensée machine : retour d’une sociologie cybernétique

L’empire cybernétique – Des machines à penser à la pensée machine, est un ouvrage de la sociologue Céline Lafontaine (Le Seuil, 2004) qui réactive une approche sociologique critique de l’avènement de la cybernétique dans nos espaces sociaux depuis les années 90.

l’apport du livre – comme chez Philippe BRETON dans l’utopie de la communication (1994)- est qu’il nous réattentionne cette discipline aujourd’hui enfouie qu’est la cybernétique : son origine scientifique, sa philosophie sociale, ses déploiements conceptuels et sa possible matérialisation aujourd’hui dans l’Internet en déploiement toujours plus large et concret dans nos espaces/temps quotidiens via les GAFA :

 – Les notions de code, de rétraoaction, la lutte contre l’entropie, les 2e et 1ere loi de la thermodynamique, l’auto-organisation, les systèmes complexes…Nous introduisent aux systèmes techniques gérés par les ordinateurs.

– L’histoire des divers événements qui ont ponctué l’histoire de la cybernétique (des colloques de MACY aux Etats-Unis aux …) fourmille de références à fouiller sur la naissance d’un courant scientifique pluri-disciplinaire.

– Jusqu’aux références bibliographies critiques (GUILLEBAUT, l’incontournable Jean-Pierre DUPUY et le paradigme de la convergence, etc.) qu’il conviendra de considérer quant au développement philosophique et éthique, prospectif, du complexe bio-nano-techno alimentant le complexe Internet dans notre quotidien.

Le paradoxe est qu’au moment où la cybernétique sociale semble véritablement s’incarner dans la société  – avec l’Internet, l’Internet des obejts, l’Intrenet Ambiant – elle n’est plus ni visée scientifique, ni plus l’objet de la théorie critique dans ses manifestations socio-technique ; comme si elle avait été acceptée par tous, s’était lovée dans la post-modernité ambiante, avait fait son nid dans notre quotidien sans y paraître…

 ***Aujourd’hui, en 2020 – après avoir été très critique en première lecture à la réception de cet ouvrage, en 2006 –  on peut adhérer sans ambage à sa thèse principale  : l’existence d’une idéologie de la communication portée par le projet cybernétique et euphémisée dans plus de 40 ans d’histoire des idées en France : « déconstruction du sujet et anti-humanisme » étant les trépieds  de cette idéologie.

L’empire cybernétique – Des machines à penser à la pensée machine, Céline Lafontaine (Le Seuil, 2004)

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